06.11.2009

Climat : comment arriver à Copenhague en reculant chaque jour ?


 
A l’occasion de la conférence de Barcelone, les déclarations se succèdent pour préparer l’opinion publique à une absence d’accord à Copenhague. Réaction de FNE.
 
Pas de protocole de Copenhague en vue
 
Si les conclusions du Conseil européen des 29 et 30 octobre précisent que l’Union européenne demande un accord juridiquement contraignant, Artur Runge-Metzger, chef de l'Unité Climat de la Commission européenne vient d’annoncer que la rédaction d’un texte assurant la continuité du protocole de Kyoto pourrait n’avoir lieue que 3 à 6 mois après la conférence de Copenhague.
 
Yvo de Boer, Secrétaire exécutif de l’UNFCC avait ouvert le bal en déclarant le 28 octobre qu’il serait impossible de finaliser un nouveau traité en décembre. Pour Sébastien Genest, président de FNE : « Comment arriver à Copenhague en reculant chaque jour ? A ce rythme là, nous allons vers un accord pour ne rien faire… "
 
Reporter la crise climatique le temps de se décider ?
 
FNE s’inquiète de la multiplication des déclarations annonçant que la conclusion d'un accord qui permette la continuité du protocole de Kyoto au delà de 2012 pourrait n’avoir lieue qu’en décembre 2010, à Mexico. Pour FNE, rien ne démontre que les chances de succès d’un accord seraient plus élevées demain qu’aujourd’hui.
 
Pour Arnaud Gossement, porte parole de FNE : « ce qui tue les négociations climatiques c’est aussi l’absence de réflexion sur la manière de négocier et sur ce que signifie concrètement un « accord juridiquement contraignant ». Cette réflexion n’ayant pas eu lieue, la question à se poser aujourd’hui est malheureusement : un mauvais accord est il préférable à pas d’accord du tout ? La réponse n’est pas évidente. L’habillage juridique d’un mauvais accord politique n’a tout simplement aucun sens ! »
 
De « l’accord juridiquement contraignant » à la « déclaration politiquement illisible » ?
 
Alors que l’optique d’un accord juridiquement contraignant est enterrée, celle d’un accord politique n’est même plus certaine. L’hypothèse d’une simple déclaration moins épaisse que ses annexes est au goût du jour. De plus, le principe d’un objectif global et d’un objectif à mi parcours en 2020 est remis en cause.
 
Pour Gaëlle Cognet, chargée de mission climat à FNE : « Jamais deux sans trois ? Alors que les objectifs de réduction posés à Rio en 1992 et à Kyoto en 1997 n’ont pas été respectés, ceux qui seraient fixés à Copenhague en annexe d’une simple déclaration politique auraient ils la moindre chance d’être respectés ? 
 

05.11.2009

Copenhague: pression américaine

Les Etats-Unis  préviennent qu'ils ne s'engageraient pas à réduire leurs émissions de gaz à effet de serres sans que les économies émergentes en fassent autant.C'est donc le blocage qui laisse peu d'espoir avant l'ouverture du sommet de Copenhague sur le climat.

Pourtant l'Inde commence à prendre des mesures importantes pour la première fois mais Todd Stern, l'émissaire américain pour le climat, explique  lors d'une audition devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants. selon la Tribune:

"Le point sur lequel nous ne sommes pas d'accord est que nous devrions nous engager à mettre en oeuvre ce que nous avons promis de faire tandis que des grandes nations en développement ne prennent aucun engagement", ...,"Nous n'acceptons pas non plus le fait que seules les actions prises par les pays développés pour réduire leurs émissions carboniques (CO2) soient soumises à un régime transparent et rigoureux de contrôle (...) sans que les grandes économies émergentes n'y soient aussi contraintes sauf si ces contrôles sont pris en charge par les nations développées", a-t-il poursuivi.

"Cette mentalité ne débouchera pas sur un accord à Copenhague" en décembre, a-t-il mis en garde. "Nous ne pouvons pas résoudre le problème sans des mesures majeures des pays aux économies émergentes (...) et aucun pays ne tient entre ses mains le destin de la planète autant que la Chine".

04.11.2009

Un beau symbole de l'Humanité a disparu

Hommage à Claude Lévi-Strauss

Le Courrier de l'Unesco

162711F.pdfClaude Levi-Strauss.pdf

 

Déclaration d'Irina Bokova, Directrice générale élue de l'UNESCO

Communiqué de l'Unesco

Le monde est endeuillé d'avoir perdu une éminente personnalité. Pendant plus d'un demi-siècle, Claude Lévi-Strauss a accompagné notre vie qu'il a illuminée de sa quête intellectuelle sans cesse renouvelée, de ses recherches chez les peuples d'Amazonie jusqu'à ses réflexions sur le rapport de l'homme à la nature. Il a ouvert notre pensée et notre part d'humanité au respect de l'autre, nous faisant partager la vision profondément sensible qu'il avait de notre monde. C'était aussi une vision lucide : ce grand scientifique voyait avec inquiétude la globalisation mettre les cultures en péril.
Nous venons de perdre un immense intellectuel et un grand humaniste, qui a su mener notre conscience vers une plus juste compréhension du monde, et donc vers l'humilité.

La meilleure façon pour l'UNESCO de rendre hommage à Claude Lévi-Strauss est de redoubler d'efforts pour préserver la diversité des cultures, dont ce décrypteur du monde a si bien démontré l'égale dignité. Pour garder vive sa mémoire, il nous reste à poursuivre le chemin de respect qu'il a ouvert en éclaireur. Claude Lévi-Strauss a laissé percevoir qu'il existe une voie vers l'apaisement du monde.

Irina BOKOVA
Directrice générale élue de l'UNESCO