01.12.2009

Affronter en même temps changement climatique et sécurité alimentaire

Il ne faut pas rater les opportunités en agriculture, selon un rapport de la FAO pour Copenhague

1er décembre 2009, Rome - Les pratiques culturales qui capturent le carbone et le stockent dans les sols agricoles offrent quelques-unes des options les plus prometteuses pour une action précoce, efficace et à coût réduit pour lutter contre le changement climatique dans les pays en développement tout en contribuant à la sécurité alimentaire, selon un rapport sur les politiques en matière d'agriculture et de changement climatique préparé par la FAO pour le Sommet de Copenhague qui s'ouvre le 7 décembre 2009.

Selon ce rapport, il est regrettable que l'agriculture ait été largement exclue des mécanismes principaux de financement en matière de climat qui doivent faire l'objet de discussions à Copenhague.

L'agriculture ne souffre pas seulement des conséquences du changement climatique, elle est également responsable de 14 pour cent des émissions globales de gaz à effet de serre. Mais elle a le potentiel de constituer une partie importante de la solution, grâce à l'atténuation (réduction et/ou élimination) d'un volume significatif d'émissions globales. Quelque 70 pour cent de son potentiel de réduction des émissions pourraient être réalisé dans les pays en développement, selon le rapport.

"Nous espérons que le Sommet des Nations Unies à Copenhague enverra un signal clair que l'agriculture dans les pays en développement devrait remplir un rôle vital en relevant ce défi mondial", déclare M. Alexander Müller, Sous-Directeur général de la FAO. "Il existe des synergies évidentes entre l'atténuation du changement climatique, l'adaptation et la sécurité alimentaire qui sera capturée, si on fait cela correctement."

Le rapport relève que des financements sont nécessaires pour aider les pays en développement "vulnérables" à répondre de manière plus globale au double défi du changement climatique et de la sécurité alimentaire. Il souligne qu'un tel soutien devrait récompenser les actions ciblant la réduction des émissions et l'adaptation au changement climatique tout en encourageant le développement agricole et le renforcement de la sécurité alimentaire.

Le rapport suggère aussi d'explorer les synergies entre l'aide publique au développement (APD) et des financements supplémentaires et nouveaux pour le climat.

La solution réside aussi dans l'agriculture

Dans ce rapport, la FAO indique que la production alimentaire devra augmenter de 70 pour cent pour nourrir les 2,3 milliards de bouches supplémentaires d'ici à 2050. Le changement climatique menace la production agricole à cause des températures plus élevées, des modifications du cycle des pluies et des sécheresses et des inondations plus fréquentes, notamment dans les régions qui sont déjà sujettes à des catastrophes naturelles dues au climat.

Les régions les plus pauvres et ayant les niveaux les plus élevés de faim chronique sont prédisposées à souffrir le plus du changement climatique.

"L'agriculture offre des options déjà disponibles et efficaces pour un faible coût en vue de réduire les émissions de gaz à effet de serre et elle peut commencer à le faire dès à présent," affirme M. Müller. "Des mécanismes de financement en matière de climat qui cibleraient l'agriculture pourraient accélérer les efforts de réduction des émissions et d'adaptation au changement climatique tout en contribuant à la réduction de la pauvreté et de la faim. "

En revanche, ajoute M. Müller, certains autres secteurs nécessiteraient des investissements en technologies coûteuses et des recherches nouvelles et sur le long terme.

Certaines pratiques culturales, y compris celles de l'agriculture bio et de conservation, capturent le carbone et le stockent dans le sol. Elles comprennent peu ou pas de labour, l'utilisation des résidus pour le compostage ou le paillage, le recours à des cultures pérennes pour couvrir les sols, le réensemencement ou l'amélioration de la gestion des pâturages dans les  prairies et l'agroforesterie qui allie cultures et arbres.

L'idée, indique M. Mϋller, est de déranger le moins possible le sol, de le garder couvert, de mélanger et de procéder à la rotation des cultures afin que le carbone soit puisé de l'atmosphère et stocké dans les sols et la végétation. Près de 90 pour cent du potentiel de l'agriculture de réduction ou d'élimination des émissions de l'atmosphère proviennent de telles pratiques.

Outre la séquestration du carbone par les sols, l'utilisation plus efficace des fertilisants et une meilleure gestion des systèmes de bétail sont également des options prometteuses qui renforcent la réduction ou l'élimination des émissions.

Nombre de ces activités peuvent aussi réduire la déforestation et la dégradation des forêts du fait des gains de productivité associés. Cela signifie que de la nourriture supplémentaire peut être produite sans l'intrusion de l'agriculture dans les forêts.

La FAO souligne, dans le même rapport, que les pratiques culturales améliorées requises pour l'atténuation du changement climatique sont souvent les mêmes que celles qui sont nécessaires à l'augmentation de la productivité, de la sécurité alimentaire et de l'adaptation, y compris la restauration des terres agricoles dégradées, la gestion intégrée des nutriments et des sols et l'agroforesterie.  

La voie à suivre

Tout en lançant un appel pour des financements en faveur de programmes d'atténuation et d'adaptation par l'agriculture, la FAO estime qu'un programme de travail sur l'agriculture au sein de l'Organe subsidiaire de conseil scientifique et technologique de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) instaurerait la confiance au plan international à propos du rôle de l'agriculture dans l'atténuation et l'adaptation au changement climatique.

Des projets pilotes conduits par les pays montreraient comment les synergies entre atténuation/adaptation au changement climatique et sécurité alimentaire pourraient être exploitées tout en renforçant les compétences et la confiance dans l'utilisation des technologies et en instaurant les mécanismes de financement et les méthodologies requises à cet effet.

 

LE PNUE VA ÉVALUER LA POLLUTION AUX HYDROCARBURES DANS LE DELTA DU NIGER

ONU - New York, Nov 30 2009  4:50PM
Une évaluation menée par le Programme des Nations Unies pour l';environnement (PNUE) avec le soutien du gouverneur de l'Etat de Rivers, au Nigéria, va analyser pendant un an l'impact de la production pétrolière en termes de pollution sur les eaux du delta du Niger dans la région d'Ogoni.
L'Etat de Rivers contribue à hauteur de 40% à la production pétrolière et de gaz naturel du Nigéria. La majeure partie de la population du delta du Niger reste employée dans le domaine de la pêche et de l'agriculture. Le Nigéria est aussi victime de la déforestation avec un des taux les plus élevés au monde, soit 3,3 % par an
Les installations de raffinerie de la région continuent de polluer les eaux du fleuve Niger par manque d'entretien et de rénovation depuis presque 20 ans.
L'expertise de la PNUE est très attendue pour quantifier et analyser les mesures à prendre pour que l'industrie pétrolière du Nigéria se conforme aux normes environnementales internationales.
L'annonce de cette évaluation a eu lieu à Port-Harcourt, la capitale de l'Etat de Rivers. Cette expertise, qui va coûter 9,5 millions de dollars, est financée par plusieurs groupes pétroliers, la Nigerian National Petroleum Corporation, Shell, Total et Agip.
Nov 30 2009  4:50PM

30.11.2009

LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE DANS LE PACIFIQUE MENACÉE PAR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

FAO - New York, Nov 30 2009 11:50AM
Le changement climatique aura vraisemblablement de fortes répercussions sur l'agriculture, la foresterie et les pêcheries dans les îles du Pacifique, ce qui risque d'accroître l'insécurité alimentaire et la malnutrition, met en garde l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture  à quelques jours du Sommet des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague.

La FAO exhorte les gouvernements et les bailleurs de fonds à lancer sans délai des plans énergiques d'adaptation au changement climatique pour l'ensemble des îles du Pacifique.

Le changement climatique est susceptible d'exacerber les menaces dans une région déjà affligée par de fortes contraintes écologiques et économiques, selon la note de synthèse Climate Change and Food Security in the Pacific préparée pour le Sommet de Copenhague.

Les îles du Pacifique devront affronter la montée du niveau des océans et leur réchauffement, l'acidification, la modification des régimes de précipitations, des heures d'ensoleillement et du couvert nuageux, l'altération des régimes de circulation océaniques et atmosphériques et une fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes tels que cyclones tropicaux et sécheresses.

Nombre de ces impacts pourraient avoir des répercussions négatives et cumulées sur les rendements de l'agriculture et des pêches, ainsi que sur la sécurité alimentaire.
La dégradation des écosystèmes terrestres et marins, le stress thermique, l'érosion du sol, la salinisation et la raréfaction des nutriments, la propagation des ravageurs et des maladies des végétaux, la fréquence accrue des incendies de forêt, les sécheresses et les inondations constituent un risque particulièrement grave pour la production vivrière.

"Les agriculteurs ne doivent pas être abandonnés lorsqu'il est question de changement climatique", affirme le sous-directeur général de la FAO, Alexander Müller. "Les pays et leurs partenaires de développement doivent veiller à ce que les agriculteurs reçoivent les meilleures informations disponibles sur le choix des variétés culturales, de même que sur les options d'aménagement des ressources en sols et en eau pour s'adapter au changement climatique".

Les îles du Pacifique pratiquant la monoculture devront évaluer de près leur potentiel de sécurité alimentaire, car les systèmes agricoles diversifiés obtiendront de meilleurs résultats dans tous les scénarios de changement climatique.

"Les systèmes intégrés de culture, de foresterie, voire d';élevage, offrent des opportunités d';intensification durable de la production vivrière tout en créant un écosystème plus résilient", selon M. Müller.

Le changement climatique est également une grave menace pour la durabilité du secteur des pêches et risque de compromettre la sécurité alimentaire d'une région fortement tributaire du poisson comme source de protéines et de revenus, ceux-ci étant tirés de la vente de licences de pêche aux flottilles étrangères.

Les pêches de subsistance et de rente, en particulier des espèces de thonidés, sont les piliers de nombreuses économies des îles du Pacifique. Les changements intervenant dans la répartition et l'abondance des thons ont de graves retombées sur la viabilité à long terme des pêches industrielles et des conserveries dans le Pacifique occidental.

La pêche de subsistance et commerciale devra diversifier la production, les infrastructures halieutiques et la répartition des espèces afin de s';adapter aux changements brutaux de l'environnement et du secteur.

"Les impacts du changement climatique, associés à la surexploitation en cours des ressources forestières dans la région, exerceront de fortes pressions sur les forêts restantes", prévient également la FAO.

Les forêts et les arbres sont la source d'importantes cultures de base dans le Pacifique, telles que l'arbre à pain, les mangues, les agrumes et les noix de coco. Les forêts de palétuviers préviennent l'érosion côtière, servent de protection contre les marées de tempête et les tsunamis, et offrent d'importants habitats pour de nombreuses espèces de poissons.
Selon la FAO, il convient d'aider les gouvernements de la région à gérer leurs forêts durablement et à promouvoir des systèmes intégrés d'agroforesterie. Le potentiel des forêts dans la fixation du carbone doit être reconnu.
Nov 30 2009 11:50AM