01.11.2009

7 clés pour comprendre le sommet de Copenhague

publié par http://www.greenzer.fr/cles-pour-comprendre-sommet-de-cop...

Source : Ministère des Affaires étrangères du Danemark : www.cop15.dk.

La conférence des Nations Unies sur le changement climatique, ou sommet de Copenhague, se tiendra du 7 au 18 décembre 2009 dans la capitale danoise. A quelques semaines de ce sommet, une petite révision des enjeux de la COP15, considérée comme cruciale pour l’avenir de la planète, s’impose…

1. Quel est l’objectif du sommet de Copenhague ?

Remplacer le traité de Kyoto qui expire fin 2012. Ce traité international de lutte contre les changements climatiques avait été ratifié par 175 pays et était entré en vigueur en 2005. Il prévoyait une réduction des émissions de gaz à effet de serre par les pays industrialisés d’au moins 5,2 % d’ici à 2012 par rapport aux taux de 1990. L’accord de Copenhague, lui, devrait couvrir la période 2013-2017. Il sera la conclusion de deux années de négociations en vue d’un nouveau traité mondial visant à corriger les causes et les conséquences des émissions de gaz à effet de serre (GES).

2. Pourquoi l’appelle-t-on aussi COP15 ?

COP signifie Conférence des parties. La première, à Berlin, en 1995, a débouché sur le Mandat de Berlin. Puis se sont succédé treize autres conférences internationales. La dernière en date, à Bali en 2007, a abouti à une prise de conscience de l’urgence du réchauffement climatique, suite à un rapport alarmiste du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental des Nations Unies sur l’évolution du climat). Ce dernier soulignait que le risque que les activités humaines modifient l’environnement de la Terre était bien réel.

3. Qu’est-ce que la CCNUCC ?

CCNUCC signifie Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Elle a été signée lors du sommet Planète Terre à Rio de Janeiro en 1992. Depuis, 192 pays, dont les Etats-Unis, l’ont ratifiée. Son objectif premier est de parvenir à stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation dangereuse du système climatique. Les Conférences des parties, qui se déroulent chaque année avec ces pays signataires, ont pour but de mettre en œuvre les objectifs de cette convention cadre.

4. Quels seront les thèmes abordés à Copenhague ?

Le changement climatique sera au cœur des discussions avec une question essentielle : quels objectifs se fixe-t-on dans en ce qui concerne la réduction des gaz à effets de serre ? Avec une question sous-jacente : faut-il également fixer des objectifs à court et moyen terme ? Autre sujet abordé : comment aider les pays en voie de développement dans leurs politiques climatiques ? Enfin, la question de la déforestation sera également au cœur des débats, tout comme les mesures à adopter face aux entreprises très consommatrices d’énergie et qui délocalisent dans les pays en voie de développement.

5. Quelle est la position des pays en développement sur ce sujet ?

Les émissions de gaz à effet de serre sont principalement dues à l’accélération de l’industrialisation des économies occidentales. Or les premières victimes de ce réchauffement climatique seront les pays en développement, plus vulnérables et moins armés pour faire face à la situation. Ils réclament donc un soutien financier de la part des pays riches pour financer des programmes de réduction des émissions de carbone et d’adaptation aux conséquences du changement climatique.

6. Pourquoi ce sommet est-il aussi important ?

Parce que l’urgence climatique est bien réelle, et que les politiques en ont pris conscience. Les concentrations des gaz à effet de serre ont atteint des sommets. Selon les spécialistes, si l’utilisation des énergies fossiles et la déforestation se poursuivent à ce rythme, les températures pourraient être de 5°C supérieures à celles de la période préindustrielle. Avec toutes les conséquences que le réchauffement climatique implique : multiplication de phénomènes météo extrêmes (inondations, sécheresse…), élévation du niveau des océan, engloutissement de terres, multiplication des conflits…

7. Pourquoi certains sont-ils pessimistes sur l’issue de ce sommet ?

Parce que les désaccords persistent. Les pays industrialisés ne parviennent pas à se mettre d’accord sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le désaccord existe aussi entre les pays développés et les pays en développement. Aucun engagement n’a encore été pris sur le financement de la lutte contre le réchauffement planétaire. Le ministre britannique des Affaires étrangères n’a pas hésité à parler de « danger réel » d’échec. Janos Pasztor, responsable des questions de climat aux Nations Unies, a, lui, reconnu le 26 octobre que « La question des changements climatiques ne va pas être résolue à Copenhague. Nous avons toujours su cela : c’est un processus de long terme qui va prendre des années, voire des décennies. »

Conférence de Copenhague et le changement climatique

Faits et chiffres

A quelles conséquences pouvons-nous nous attendre, et que pouvons-nous faire?

Prévoir les conséquences du réchauffement climatique est l’une des tâches les plus ardues auxquelles sont confrontés les chercheurs du monde entier travaillant sur le climat. Tout d’abord, parce que les processus naturels à l’origine des précipitations, des orages, des augmentations du niveau de la mer et d’autres effets attendus du réchauffement climatique dépendent de très nombreux facteurs. Ensuite, parce qu’il est difficile de prévoir la quantité de gaz à effet de serre qui sera émise au cours des prochaines décennies, cette quantité dépendant en grande mesure de décisions politiques et d’avancées technologiques.

De nombreux effets du réchauffement climatique ont été bien documentés, et les phénomènes observés dans la réalité concordent très majoritairement avec les prévisions qui avaient été faites. C’est l’étendue précise de ces phénomènes qui est difficile à prévoir. Voici quelques-uns des effets auxquels nous pouvons nous attendre :

Augmentation des sécheresses et des inondations :

Lorsque la température de la Terre augmente, la quantité d’eau qui s’évapore de la mer et des terres émergées augmente elle aussi. Cela peut entraîner des sécheresses dans les régions du monde où l’accroissement de l’évaporation n’est pas compensé par un accroissement des précipitations. Cet excès de vapeur d’eau présente dans l’atmosphère doit retomber sur terre sous forme de précipitations supplémentaires, ce qui peut entraîner des inondations dans d’autres régions du monde.

Réduction de la glace et des neiges :

A l’heure actuelle, les glaciers du monde entier reculent à un rythme accéléré. La tendance montre une fonte plus rapide des glaces que celle estimée dans le plus récent rapport du GIEC. Dans les régions alimentées par l’eau de fonte provenant des massifs montagneux, cette réduction peut provoquer des sécheresses et entraîner un manque d’eau potable. Selon le GIEC, près d’un sixième de la population mondiale vit dans des régions qui seront touchées par ce phénomène.

Renforcement des phénomènes météorologiques extrêmes :

L’augmentation des températures entraînera très probablement une hausse des vagues de chaleur et des épisodes de précipitations violentes ainsi qu’une augmentation possible du nombre et/ou de l’intensité des tempêtes.

Élévation du niveau de la mer :

L’élévation du niveau de la mer est due à deux facteurs : la fonte des neiges et glaciers d’une part, et la dilatation thermique de l’eau de mer d’autre part. La dilatation thermique s’opère lentement mais une simple augmentation de la température de 2°C suffirait à terme à entraîner une élévation de près d’un mètre du niveau de la mer.

Pour se faire une idée de l’étendue des conséquences, les chercheurs travaillent généralement sur des scénarios montrant diverses évolutions possibles.

Plus d’infos sur le site de la Conférence de Copenhague.
Signez l’ultimatum climatique sur
www.copenhague-2009.com 

Les mécanismes de flexibilité du Protocole de Kyoto

Les mécanismes de flexibilité comptent parmi les points principaux du Protocole de Kyoto et ont fait l’objet de nombreux débats, mais lors de la COP7 à Marrakech en 2001 un accord a été obtenu sur leur forme définitive. Les mécanismes sont flexibles en ce sens qu’ils ont pour but de compléter les mesures de réduction des émissions de CO2 prises par les pays ou les entreprises. La question de savoir où sur la planète les réductions doivent avoir lieu n’a pas de pertinence pour le climat, et les mécanismes de flexibilité permettent de tirer parti de ce fait. Grâce à ces mécanismes, les entreprises et pays peuvent choisir de réduire leurs émissions de CO2 là où cette réduction présente le meilleur rapport efficacité-coût, par exemple dans un pays en développement. Ce système permet également un transfert de technologies, de financements et de compétences vers les pays en développement.

Le Protocole de Kyoto prévoit la mise en place de trois mécanismes de flexibilité :

Le système international d’échange de droits d’émission : cette disposition permet aux 37 pays qui ont pris des engagements quantifiés pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre au titre du Protocole de Kyoto d’échanger entre eux des droits d’émissions. Un pays qui dispose d’un excès de ces « quotas de CO2 » après avoir adopté une forme d’énergie plus propre peut ainsi vendre ces quotas à un autre pays.

Le mécanisme pour un développement propre et la mise en œuvre conjointe :

Les mécanismes pour un développement propre (MDP) et de mise en œuvre conjointe (MOC) visent à réduire l’émission de gaz à effet de serre dans le cadre de projets spécifiques, et à favoriser dans le même temps les initiatives en faveur du climat et du développement durable dans les pays en développement. Ces projets génèrent des crédits d’émissions correspondant à la réduction des gaz à effet de serre obtenue par le projet. Le pays qui accueille un projet MDP ou MOC peut vendre les crédits obtenus à des entreprises ou des pays industrialisés qui peuvent utiliser ces crédits pour compléter leurs initiatives mises en œuvre au niveau national ou au sein de l’entreprise.

Un crédit correspond à une tonne d’émissions de CO2. Les crédits MDP sont générés par des réductions sur la base de projets spécifiques réalisés dans des pays n’ayant aucune obligation de réduction au titre du Protocole de Kyoto. Ces projets sont menés dans les pays en développement. Les crédits MOC sont générés par des réductions sur la base de projets spécifiques réalisés dans des pays qui se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre en vertu du Protocole de Kyoto. Ces projets sont principalement menés en Europe de l’Est et en Russie.

A l’été 2008, un peu plus de 1 100 projets issus du mécanisme pour un développement propre avaient été validés. Au total, ces projets représentent des réductions des émissions de gaz à effet de serre à hauteur d’environ 220 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an. Le secrétariat de la CCNUCC prévoit le lancement entre 2008 et 2012 de projets MDP pour un total de 2,7 milliards de tonnes d’équivalent CO2. Les projets de mise en œuvre conjointe ont été moins nombreux, et 22 projets avaient ainsi été validés à la date d’octobre 2008