24.09.2009
Nourriture 2050, la FAO fait des projections étonnantes
Article Univers-Nature
Selon les dernières projections des Nations Unies, la population mondiale devrait passer de 6,8 milliards aujourd’hui à 9,1 milliards en 2050. L’essentiel de cette croissance démographique se fera dans les pays en développement, et plus particulièrement en Afrique subsaharienne avec une croissance de 108 %, représentant 910 millions de personnes supplémentaires. A cet horizon, 70 % de la population vivra dans les villes ou les régions urbaines, soit une augmentation de 49 % par rapport à aujourd’hui.
Ces 2,3 milliards d’individus additionnels représentent autant de bouches supplémentaires à nourrir, auxquels il convient d’ajouter le milliard qui ne mange toujours pas à sa faim en 2009. En conséquence, selon la FAO, la production alimentaire devra augmenter de 70 % d’ici 2050. Pour y parvenir, l’organisme onusien compte sur un accroissement des rendements et des surfaces cultivées (un supplément de 120 millions d’hectares).
Si quelque 370 millions de personnes devraient continuer à souffrir de la faim en 2050, ce qui représente déjà une perspective exceptionnelle dans le sens où la courbe de la faim est repartie à la hausse et que la pression sur la ressource se fera de plus en plus grande, Hafez Ghanem (1) considère néanmoins que "La FAO fait preuve d’un optimisme prudent en ce qui a trait au potentiel du monde à se nourrir d’ici à 2050"…
Un optimisme prudent qui, néanmoins, interloque quelque peu. Alors que près d'une personne sur six ne mange pas à sa faim, la surface cultivée actuelle, hors pâturage, est équivalente à 1 500 millions d’hectares (source FAO). Aussi la prévision de mettre en culture quelque 120 millions d’hectares supplémentaires pour répondre à la poussée démographique apparaît pour le moins complètement dérisoire. Certes, la FAO fait remarquer que la progression des rendements apportera également sa contribution, mais c’est nier la stagnation des rendements constatée sur de nombreuses surfaces, les 5 à 7 millions d’hectares de terre arable perdus chaque année, l’énorme pression (2) que fait peser l’élevage sur la production agricole (37 % des céréales mondiales sont destinées à l’alimentation des animaux d’élevage, 70 % des terres agricoles lui sont dédiées, etc.). De même, avec ces chiffres, la FAO ne tient nullement compte du détournement des surfaces agricoles pour la production d’agro-carburants et du durcissement des conditions de cultures avec le changement climatique.
Aujourd’hui, sans changement drastique de nos habitudes alimentaires (chute de la consommation de viande et du gaspillage), à rendement global identique et sans intégrer la poussée des terres consacrées aux agro-carburants, ce n’est ainsi pas 120 millions d’hectares qu’il faut, mais 750 millions pour nourrir les 9,1 milliards d’individus de 2050.
1- Sous-directeur général responsable du Département économique et social de la FAO.
2- Voir le dossier consacré à ce sujet dans le
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15.09.2009
Les Chefs d’Etat et de Gouvernement du G20 se réuniront à Pittsburgh
le 24 et 25 septembre 2009. Soyons vigilants!
Les Chefs d'Etat et de Gouvernement ont pris des engagements à Londres et le Conseil de Stabilité Financière a élaboré une série de principes. Sur ces bases, le G20 devrait s’accorder à Pittsburgh sur de vrais résultats
Les grands principes retenus devant guider les travaux du sommet de Pittsburgh sont de mettre en oeuvre de nouvelles mesures de politiques économiques et réaffirmer la volonté de développer un nouveau modèle de croissance soutenable et une meilleure organisation des marchés financiers, afin que la crise ne puisse pas se reproduire.
Donc le sommet du G20 de Pittsburgh, doit élaboré des stratégies nouvelles, de manière coordonnée :
-Trouver une alternative aux mesures prises pour lutter contre la crise,
-Etre attentifs à ne pas créer les conditions de nouveaux déséquilibres globaux dans le long terme.
-Le sujet des rémunérations dans le secteur financier
Un des enjeux clés du sommet de Pittsburgh sera de concevoir l’architecture d’un cadre de régulation internationale pour le secteur financier afin qu’il soit au service de l’investissement et de la croissance.
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Voici des extraits de la lettre commune d' Angela Merkel, Gordon Brown et Nicolas Sarkozy
"Nous devons améliorer la gouvernance
: des comités de rémunérations impliquant le conseil d’administration et le personnel, y compris les contrôleurs des risques, doivent être mis en place afin de définir et de développer les politiques de rémunération :
-Nous devons accroître la transparence
: des obligations appropriées de publication doivent être imposées aux banques ;
-Les politiques de rémunération doivent encourager la prise en compte des risques pour toutes les personnes impliquées dans la détermination des risques encourus par une institution financière :
(i) la rémunération variable, y compris les bonus, doit être fixée à un niveau approprié par rapport à la rémunération fixe et doit dépendre de la performance de la banque, des lignes de métiers et des individus.
(ii) Lorsque des stocks options ou des actions sont distribuées au titre de la rémunération, elles ne doivent pouvoir être exercées ou vendues qu’après une période déterminée.
(iii) Les rémunérations variables doivent prendre en compte les développements négatifs. Ceci signifie que les bonus garantis doivent être évités. Le paiement d’une majeure partie des rémunérations variables significatives doit être étalé dans le temps sur une période appropriéeet peut être annulé en cas d’évolution négative de la performance de la banque.
(iv) Les dirigeants ne doivent pas être totalement immunisés sur les risques qu’ils encourent (par exemple par des franchises obligatoires). Pour les dirigeants des entreprises cotées, le conseil d’administration doit avoir les moyens de réduire la rémunération des dirigeants en cas de détérioration des performances de la banque.
Le G20 doit transformer ces principes en règles obligatoires pour les institutions financières qui disposent d’activités complexes et risquées de taille importante et s’assurer que des sanctions existent au niveau national pour lesbanques qui n’appliquent pas ces règles. Par exemple, les gouvernements pourraient ne pas accorder de mandats à des institutions financières dont il est reconnu qu’elles n’appliquent pas les règles agréées au niveau international.
Nous devrions également examiner les moyens de limiter le montant des rémunérations variables dans les banques soit en proportion desrémunérations totales, soit en fonction des revenus et/ou des profits de la banque.En outre, les activités de spéculation qui représentent un risque pour la stabilité financière doivent également être découragées en augmentant les exigences de fonds propres sur ces activités, comme le recommande déjà le comité de Bâle.
Les règles de Bâle 2 doivent être mises en oeuvre pleinement pour assurer une égalité des conditions de concurrence dans tous les pays représentés au Comité de Bâle.
Le G20 doit traiter le problème de l’aléa moral créé par les institutions financières de nature systémique. Les ministres des finances devront examiner les moyens de renforcer les obligations de supervision pour ces institutions afin de refléter le niveau de risque systémique qu’elles font peser sur le secteur financier et comment ces institutions peuvent être démantelées si nécessaire sans perturber le secteur financier dans son ensemble.
En matière de juridictions non coopératives, en se fondant sur les avancées réelles constatées, nous devrions nous accorder sur une liste complète de contremesures qui pourraient être mises en oeuvre à compter de mars 2010 pour les juridictions qui n’ont pas mis en oeuvre de manière effective les normes internationales en matière d’échange d’informations fiscales. Nous devons aussi à Pittsburgh jeter les bases d’une nouvelle coopération économique mondiale qui ne pourra s’exercer qu’avec le soutien d’organisations internationales fortes et légitimes. Nous devons donc arrêter la feuille de route de la nécessaire
réforme de la gouvernance et de la représentation au FMI, qui doit être conclue en janvier 2011, et de la Banque mondiale, qui doit s’achever au printemps 2010. Nous devrons passer en revue la mise en oeuvre des engagements pris à Londresen matière de financement. En particulier, l’ensemble des nouvelles contributions bilatérales devra être intégré dans les nouveaux accords d’emprunts du FMI. Nous devons mener à bien le processus de revue du capital des banques multilatérales de développement. Pour soutenir les plus pauvres dans les pays en développement, tous les pays du G20 devraient adopter l’initiative « Tous sauf les Armes », afin d’adresser un signal déterminé d’actionen faveur du développement.
-Enfin, nous devons faire progresser notre travail sur une Charte pour une activité économique soutenable qui ancrera la soutenabilité comme un principe fondamental de l’économie mondiale et permettra à l’avenir de prévenir les crises telles que celle que nous avons vécue. afin que nous soyons en mesure de proposer à nos concitoyens les fondations concrètes de la croissance future..."
08:02 Publié dans mondialisation | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, économie


