03.12.2009

Epad:Le blog de Christophe Grébert, un Putéolien qui a décidé de résister

 

Publié sur http://www.monputeaux.com/ :

Dans quelques jours, le vendredi 4 décembre 2009, les dix-huit administrateurs de l’EPAD éliront leur président afin de remplacer Patrick Devedjian atteint par la limite d’age depuis cet été. En fait d’élection, le président de l’EPAD sera choisi par le président de la République puisque la moitié des administrateurs sont des représentants de l’Etat et un quart sont des élus UMP. Le mandat du nouveau président de l’EPAD sera de courte durée puisque les deux établissements publics de l’EPAD et de l’EPASA devraient fusionner selon la volonté présidentielle vers l’été 2010 contre l’avis des trois principales villes concernées Courbevoie, Nanterre et Puteaux.
Le gouvernement avait préparé un décret pour prolonger de quelques mois le mandat de Patrick Devedjian, mais le président de la République n’a pas voulu en entendre parler car il voulait placer son fils Jean à la tête de cet établissement public stratégique dans le
plan du Grand Paris cher à Nicolas Sarkozy.
Je ne reviendrais pour sur cette épopée rocambolesque au terme de laquelle Jean Sarkozy a eu la sagesse de renoncer à être candidat à la présidence de l’EPAD suite au tollé populaire suscité par cette candidature avec en particulier la pétition initiée par le conseiller municipal MODEM de Puteaux Christophe Grébert qui a été signée par des dizaines de milliers de citoyens outrés par un tel népotisme.

Trois choix se présentent à Nicolas Sarkozy.... Présidence de l'EPAD : l'UMP se ridiculise en soutenant la candidure de Joëlle Ceccaldi-Raynaud

 

6a01116850d554970c011168683c9f970c-800wiDans Le Monde, cet après-midi, le député-maire UMP de Puteaux, Joëlle Ceccaldi-Raynaud, annonce qu'elle est candidate à la présidence de l'EPAD, l'établissement public chargé de l'aménagement de La Défense.

"Je ne cherche rien, ni l'argent ni les honneurs (..) Tout ce qui est bon pour la Défense est bon pour Puteaux", déclare-t-elle notamment.

En soutenant cette candidature, l'UMP se ridiculise : à peine sortis de la polémique Jean Sarkozy, nous voici replongés dans le népotisme et ce qu'il y a de pire dans le "système UMP" des Hauts-de-Seine.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud est aussi une "fille de...". Elue maire grâce au nom de son père, Charles Ceccaldi-Raynaud, à la tête de Puteaux pendant 35 ans et ancien président de l'EPAD (sic), elle lui fait aujourd'hui la guerre. Attaques et insultes pleuvent... dans des tracts, sur des blogs et jusqu'au conseil municipal. Le père et la fille se disputent indignement le pouvoir.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud est aussi une "mère de..." : elle a imposé son fils Vincent lors de la dernière élection municipale. Ce dernier est maire-adjoint et président du groupe UMP au conseil de Puteaux. Le fils de Joëlle est surtout actif en séance pour insulter l'opposition.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud est une élue UMP condamnée pour diffamation homophobe : en mai 2004, elle signe un arrêté municipal interdisant de prendre des photos des enfants dans les parcs considérant qu'il s'agit d'un "moyen d'approche", puis diffuse un texte pour expliquer que je suis connu des services de police pour photographier les enfants. Pure invention et terrible attaque ! L'objectif est simple : m'éliminer politiquement.
Malgré sa condamnation confirmée en appel et par la cour de cassation, Joëlle Ceccaldi-Raynaud a toujours refusé de s'excuser et à plusieurs fois redit qu'elle agirait de la même façon contre moi. Elle ne trouve d'ailleurs jamais rien à redire aux insultes homophobes lancées régulièrement en conseil municipal.

La justice s'intéresse aussi à la mairie de Puteaux à propos de l'attribution du marché du chauffage de La Défense. Un dossier d'instruction est en cours, dans lequel Charles Ceccaldi-Raynaud est mis en examen pour "favoritisme, recel d'abus de biens sociaux et corruption passive".

Joëlle Ceccaldi-Raynaud était la suppléante de Nicolas Sarkozy lorsque celui-ci était député. En 2005, elle refuse de démissionner pour lui laisser à nouveau la place. Nicolas Sarkoy voit rouge. Elle acceptera finalement contre un siège au Conseil Economique et social.

Joëlle Ceccaldi-Raynaud est redevenue députée ; un député classé dans la catégorie fantôme. Un siège désormais convoité par... Jean Sarkozy !

etc... etc...

Voilà donc une bien belle candidature ! Cela montre bien la volonté de mainmise de l'UMP sur le quartier d'affaires de La Défense. Peu importe le candidat (même le pire), pourvu qu'il ait la carte et que les comptes soient bien tenus.

 

 

 

17.11.2009

Un Congrès des maires de tous les risques pour le gouvernement

Communiqué de la gazette des commmunes

François Fillon va tenter d'expliquer ce 17 novembre aux maires réunis en Congrès à Paris la réforme territoriale et celle de la taxe professionnelle (TP), deux projets à haut risque de son gouvernement, tant ils sont contestés par les élus locaux.

Nicolas Sarkozy a été invité mais il n'ira pas devant ce Congrès réuni du 17 au 19 novembre porte de Versailles, craignant, selon une source gouvernementale, un mouvement d'humeur des maires, après les sifflets essuyés l'an dernier par le Premier ministre.
Le président préfère inviter le 20 novembre, au lendemain de la clôture, 700 maires à l'Elysée, toutes étiquettes confondues, pour débattre avec eux des réformes.

Cette année, c'est François Fillon qui est à nouveau en première ligne. Il avait déjà été confronté, l'an dernier, au mécontentement des maires vis-à-vis de l'application dans les communes du service minimum d'accueil (SMA) des enfants en cas de grève des enseignants.
Nicolas Sarkozy avait lui réussi à désamorcer la fronde en promettant, devant les maires, d'assouplir la loi sur le SMA dans les petites communes.

Dossiers qui fâchent
Mais cette année, les dossiers qui fâchent sont plus lourds encore et surtout, ils divisent même la majorité. C'est le cas de la réforme des collectivités avec la création des conseillers territoriaux, appelés à remplacer les actuels conseillers régionaux et généraux.
Selon le projet gouvernemental, 80% d'entre eux seront élus au scrutin majoritaire uninominal à un tour. Les 20% restants le seront à la proportionnelle. Le patron des députés UMP Jean-François Copé se dit "très sceptique" sur ce changement de mode de scrutin.

Et la réforme de la TP, principale ressource fiscale des collectivités territoriales versée par les entreprises, inquiète aussi bien à droite qu'à gauche, même si un compromis est probable dans la majorité.
Dans ce contexte, les maires ont bien l'intention d'affirmer leur position. "Nous sommes en position idéale puisque, le 19 novembre, commence la discussion sur la taxe professionnelle au Sénat et que les sénateurs s'inspireront de nos travaux", prévient le président de l'AMF, Jacques Pélissard (UMP).

Nouvelles ressources
Pour André Laignel, les maires pourront exprimer leur "exaspération à l'égard d'une campagne de dénigrement contre les collectivités locales et leurs élus" et leur "inquiétude" sur la TP. Beaucoup pointent une "volonté recentralisatrice".
Parallèlement, les ministres concernés - Brice Hortefeux (Intérieur), Christine Lagarde (Economie), Eric Woerth (Budget), Alain Marleix (Collectivités locales) - ont écrit à tous les maires pour les rassurer à propos de la TP.

La réforme est "incohérente" pour André Laignel, qui dénonce un risque d'"étouffement" des collectivités. Les ministres assurent qu'au contraire, les collectivités bénéficieront de nouvelles ressources fiscales à partir de 2011.
L'AMF rassemble près de 36.000 maires et présidents de communautés.

13.11.2009

Jean-Marie Colombani: la France sort de l'Histoire

Le localisme, le dérisoire et l'anecdotique aspirent progressivement la vie politique comme celle des médias.

Publié par Slate.fr

«Depuis quelques temps je trouve l'atmosphère en France assez dépressive, assez morose. Il me semble qu'à Berlin, elle est plus exaltante». Ces phrases sont de Marie Ndiaye, prix Goncourt, qui répondait sur Europe 1 à la polémique, une de plus, particulièrement nulle celle-ci, lancée contre elle par Eric Raoult, député UMP de Seine-Saint-Denis. Il invitait l'écrivaine à un «devoir de réserve» après qu'elle eut affirmé (c'était au mois d'août) qu'elle avait quitté la France, en gros, à cause de Nicolas Sarkozy. Il s'agissait donc pour elle de préciser sa pensée. Mais sur le jugement qu'elle énonce, je confirme: la France est toujours en dépression tandis qu'à Berlin on voit les choses autrement. Les commémorations récentes que nous venons de vivre l'illustrent: quel décalage entre les événements historiques dont il était question et le débat franco-français!

Après la chute du mur de Berlin, daté du 9 novembre 1989, la question posée par Francis Fukuyama était celle «de la fin de l'Histoire». Après les célébrations du 20ème anniversaire de cet évènement, on peut se poser la question de savoir si une partie de la France ne veut pas plus simplement sortir de l'Histoire.

Je m'explique: l'évènement célébré lundi 9 novembre à Berlin par une pléiade de chefs d'état, réunis autour d'Angela Merkel, est d'une portée considérable. A la fois révolution et libération, prélude à la chute de l'empire soviétique, à l'unité de l'Allemagne puis à celle de l'Europe. Il précédait de 48 heures la cérémonie organisée le 11 novembre à Paris à l'Arc de Triomphe, à laquelle était convié pour la première fois un chancelier d'Allemagne, en l'occurrence Angela Merkel. Evènement lui aussi important, puisqu'il change le sens du 11 novembre et nous fait passer de la célébration d'une victoire militaire à celle de la réconciliation qui a permis qu'existât une union européenne.

La cérémonie de Berlin, qui s'est déroulée sous une pluie glaciale, était à la fois originale -avec un Lech Walesa poussant des dominos qui symbolisaient la chute du mur- et émouvante par les mots prononcés par la chancelière; mais elle a aussi revêtu une portée non négligeable. Alors que Poutine venait de manifester sa nostalgie pour l'Allemagne de l'Est (on se souvient qu'il avait sévi à Dresde), le président Medvedev a clairement pris acte de la nouvelle donne européenne.

La commémoration du 11 novembre, brève et sobre, nous a aussi permis de mesurer la portée historique d'un geste qui s'inscrit dans la droite ligne de celui qu'avait échangé Helmut Kohl et François Mitterrand à Douaumont en 1984. Au «refus de confondre l'amour de son pays avec la haine de l'autre» de Nicolas Sarkozy a fait écho le «nous vivons un moment de grâce de l'Histoire» d'Angela Merkel.

Pourtant dans ces dernières 48 heures qu'avons-nous vu, ou entendu, en France? La polémique du jour bien sûr: elle portait cette fois sur la présence ou non du jeune Nicolas Sarkozy, qui était alors une des jeunes pousses du RPR, lors de la chute du mur à Berlin. Polémique dérisoire, ridicule, humiliante même pour un pays qui voudrait reconquérir son leadership en Europe. Illustration on ne peut plus caricaturale du rétrécissement des débats français, du localisme qui aspire progressivement la vie politique comme celle des médias; et bien sûr nouvelle preuve que seul comptent désormais l'émotion ou ce qui en tient lieu, et le ressentiment du moment. Quelle tristesse!

Alors qu'il y avait là, dans ces 48 heures, quelques occasions de débats d'importance. Celui sur l'Histoire d'abord qui aurait avantage à remplacer la dernière en date des initiatives d'Eric Besson sur l'identité nationale; l'identité est d'abord forgée par la façon dont on enseigne et dont on assume l'Histoire. Or, autour du 9 novembre, il y avait au moins deux discussions utiles, possibles. L'une aurait pu porter sur la nature de l'événement, qui a d'ailleurs été très présente à Berlin. Pour Lech Walesa par exemple, on a tort de se focaliser sur la chute du mur: pour l'ancien leader de «Solidarité», l'empire soviétique est mort de l'action conjuguée de Jean-Paul II, des ouvriers et du peuple polonais et de l'appui des Etats-Unis. Pour Angela Merkel qui a, plusieurs fois dans la journée, rendu hommage à Mickael Gorbatchev, c'est le rôle de ce dernier à la tête de l'Union soviétique, conjugué à la levée en masse des Allemands de l'Est qui a ouvert une brèche qui devait se révéler décisive.

Vrais débats donc: s'agissait-il d'une révolution, d'une libération obtenue par l'un ou l'autre peuple jusque là opprimé, ou par les deux ensemble? Ou s'agissait-il au contraire d'une sorte d'implosion de l'empire décrétée par le haut, par un Gorbatchev dépassé par les événements?

Autre dispute possible: le rôle de la France. François Mitterrand, qui avait été un temps déstabilisé au point de paraître vouloir voler au secours de la RDA puis de l'URSS, nous a-t-il fait manquer ce rendez-vous avec l'Histoire? S'était il vraiment planté? En fait, il s'était largement repris et nous devons à la qualité et à la force de sa relation avec Helmut Kohl de vivre avec ce que l'Union européenne a de meilleur et de plus fort, à savoir l'euro. Le deal final entre les deux hommes fut en effet, en plus d'obtenir la sacralisation de la frontière Oder-Neisse entre l'Allemagne et la Pologne, d'échanger le soutien français à l'unité de l'Allemagne contre l'ancrage de cette dernière dans l'Union européenne. Et la concrétisation de cet ancrage fut l'abandon par Helmut Kohl du sacrosaint deutsche mark, remplacé donc par l'euro. Or, nous vivons toujours sur les fondements de cet accord-là. Il eut donc été tellement plus «exaltant», comme dirait Marie Ndiaye, de s'interroger sur la façon dont nous pouvons et devons dépasser cette frontière-là pour porter plus loin nos destins d'Européens.

A dire le vrai, cette préoccupation est présente à l'esprit de Nicolas Sarkozy et d'Angela Merkel. Déjà on peut rendre cette justice au président français d'avoir désembourbé l'Europe. Il suffit pour le mesurer de se reporter 2 ans et demi en arrière: l'Europe était paralysée après le non français au référendum voulu par Jacques Chirac, lequel s'était rendu parfaitement impopulaire dans l'est de l'Europe, nouvellement raccordée à l'Union, pour avoir pris les nouveaux adhérents de haut et pour les avoir traités comme quantité négligeable. Or nous sommes de nouveau à la manœuvre en même temps que l'Europe s'apprête à désigner son premier président et son premier haut représentant.

En même temps, nous sommes dans l'attente de la réponse allemande à une série de propositions françaises qui seraient, en effet pour le coup, de nature à relancer le couple franco-allemand. Car Nicolas Sarkozy s'est finalement rendu à cette donnée de base de la vie européenne: rien ne peut vraiment avancer s'il n'y a pas au préalable un accord entre Paris et Berlin. Comme Edouard Balladur ou Lionel Jospin avant lui, sans parler de Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy avait, au début de son mandat, caressé l'espoir d'une meilleure entente avec Londres. Comme la plupart des dirigeants français, il avait commencé par maugréer contre le cadre trop limité ou trop strict de la relation franco-allemande et ne jurait que par Tony Blair plus Gordon Brown. L'un et l'autre ont été, sur ces questions européennes, aux abonnés absents. Et Nicolas Sarkozy a du concéder qu'il lui faudrait davantage s'intéresser à Berlin, même s'il refusait d'envisager d'y passer ses vacances...

Le catalogue proposé à l'Allemagne est donc impressionnant: un ministre commun siégeant dans chacun des deux gouvernements pour porter la relation bilatérale; une session commune de nos deux parlements; un programme de recherches scientifiques et technologiques commun; un rapprochement sur tel ou tel projet de nos industries de défense, etc... Et sans attendre bien sûr, Nicolas Sarkozy et Angela Merkel se sont accordés sur la future présidence de l'Union (l'avantage semble aller à l'actuel premier ministre belge). On verra donc si Angela Merkel souscrit à ce catalogue, ce qui serait évidemment une bonne nouvelle. En tous cas, ce qui est visible à Berlin et perceptible, c'est la joie de vivre malgré la crise, l'optimisme, une relative tranquillité d'esprit: l'Allemagne apparaît aujourd'hui comme naturellement et banalement soucieuse  d'elle-même, sans jamais mettre en doute son ancrage européen. Angela Merkel, tirant la leçon à Paris de ces deux journées du souvenir, a indiqué que l'une et l'autre nous commandent de préserver ensemble nos valeurs, à savoir, à ses yeux, la démocratie, la solidarité européenne et le partenariat transatlantique.

Mais nous sommes à Paris, dans cette ambiance morose en effet décrite par Marie Ndiaye et, semble-t-il, condamnés à aller de polémique en polémique. Devenir une sorte de grand parc de loisirs pour le reste du monde et une occasion de se cultiver bien sûr à travers nos villes musées n'est-ce pas un destin qui tente une partie de nos compatriotes. On le voit face à la crise: l'économie française, objectivement, a reculé de trois pas; nous avons descendu trois marches. Mais tout se passe comme si le pays s'efforçait de s'accommoder de ce nouvel état des choses sans chercher à regagner ces trois marches perdues; sans quête donc d'un effort de compétitivité et de dynamisme qui nous sont absolument nécessaires, aux dépens d'une jeunesse qui a, elle, de l'énergie à revendre et que l'on préfère enfermer dans des querelles inutiles (n'est-ce pas, Eric Besson?).

Bien sûr, il entre dans la place occupée par nos polémiques villageoises la traduction d'un mécontentement général de l'opinion et d'une crispation d'une partie de celle-ci face au pouvoir en place. Un micro-incendie, tel que celui de la date de la visite de Nicolas Sarkozy au mur de Berlin en novembre 1989, ne peut prendre que si le substrat est défavorable, que si le terrain se prête à n'importe quel embrasement. C'est un révélateur comme un autre. Mais il y a aussi, pour le pouvoir, un usage paradoxal de ces polémiques ultra secondaires: elles chassent les débats qui devraient avoir lieu sur les incertitudes et les difficultés que nous allons devoir traverser en 2010 par exemple; ou encore, sur la pertinence et l'efficacité des réformes engagées: sortirons-nous renforcés ou affaiblis de la crise? Mais ce serait sans doute trop demander...

02.11.2009

Où est la troisième voie politique innovante ?

Tribune Ludovic Guinard : Responsables devant l’Histoire
 
Les actuelles réflexions d’alliances empêchent le renouveau démocratique, dans la mesure où il ne s'agit que de tractations qui ne sont qu’exercices d’appareils stériles et inaptes. Inaptes à offrir une alternance politique responsable, mais également inaptes à offrir une gouvernance soutenable.
 
Pourtant face à l’urgence et à la nécessaire modification du paradigme économique, destinée à tendre le plus rapidement possible vers une société soutenable, il est devenu indispensable de proposer une nouvelle gouvernance, à la fois humaniste et écologique.
 
De manière pragmatique, la grande majorité des électeurs des trois mouvements qu’étaient les verts (et autres mouvements écologistes), l’UDF, et CAP21, ajouté des centristes du PS, navigue depuis 2007 entre le Modem et Europe Ecologie. Présenter aux élections régionales des listes distinctes n’est qu’individualisme à courte vue. Mais plus encore une ineptie, car cela revient à multiplier les coûts de campagne, à réduire le nombre d’électeurs pour chaque partant, et assurément à réduire le nombre global d’électeurs rassemblés autour de cet humanisme écologique. Autant dire, que seuls des intérêts égocentriques peuvent conduire à de telles aberrations. Car au final, l'argent des contribuables et des adhérents sera dépensé en double pour deux campagnes distinctes, avec à cour sûr un score individuel divisé par deux, et donc un résultat global faible. Sont-ce là les comportements responsables et humbles dont la société de demain à besoin ?
 
De manière plus prospective, ce dont notre société à besoin, c'est d’équité, de modification des paradigmes et donc d’une offre cohérente apte à être mise en œuvre rapidement aux plus hauts niveaux de décisions. Force est de constater que ces mouvements n’ont pu sur les 15 dernières années convaincre séparément.
 
Ils ont aujourd’hui la responsabilité historique de créer cette troisième voie politique innovante qui seule peut conduire à une société soutenable, humaniste et écologique.
 
Il existe bien sûr des positions qui divergent. Ses divergences sont une richesse qu’il faudra exploiter, et éliminer celles de façades qui ne servent qu’à exister politiquement. Mais le concept voulant que l’on gouverne pour l’ensemble des français et non pas seulement pour ceux qui nous ont élu, commande de générer une offre politique d’avenir, c’est à dire répondant aux besoins les plus urgents et les plus réformateurs.
 
C’est la raison pour laquelle, bien plus que de défendre la constitution d’un pôle rassemblant les centristes et écologistes, j’affirme qu’il s’agit là de la seule alternative responsable. Toute autre option ne fait que mettre en exergue l’incapacité des politiques actuels à mettre en avant l’intérêt général plutôt que leur intérêt particulier. Il m’importe plus l’avènement d’un tel pôle, d’un tel renouveau démocratique, que d'amener tels ou tels à être en responsabilité. Devons nous donner notre confiance à ceux qui refusent de construire ce consensus vital ?
 
J’en appelle à la responsabilité de chacun. Le seul moyen de convaincre est donc pour chacun de renoncer à ses intérêts personnels et de tendre la main aux autres mouvements, car il s’agit au fond de tendre la main aux générations futures.
 
Je suis prêt, avec nombre de mes amis, à être ce pont entre les mouvements afin d’identifier ce qui, dans nos diagnostics et dans les solutions d’urgence à mettre en œuvre, est prioritaire et est donc supérieur à toutes autres considérations.
 
 
Ludovic GUINARD
 
Responsable CAP21 Aquitaine
 
Membre du Bureau National

30.10.2009

Le grand débat de Besson

Douce France

Publié par Politis.fr: jeudi 29 octobre 2009, article de Denis Sieffert

Quand tout va mal, en France, que fait-on ? Quand le chômage explose, que les suicides se multiplient dans les entreprises, que les scandales se succèdent en haut lieu, que les mensonges d’État rendent incrédule la Terre entière, que la discorde s’insinue jusque dans les antichambres du pouvoir, que fait-on ? Eh bien, on ouvre un « grand débat sur l’identité nationale ». Ou, si vous préférez, on s’en prend aux Arabes. Je sais bien, il ne faut pas le dire ainsi, ni aussi crûment. D’autant plus que les « Arabes » sont aujourd’hui parfois maliens ou roms ou afghans… Mais, au fond, c’est bien de cela qu’il s’agit. En annonçant, lundi, le prochain lancement d’un « grand débat » dont l’agora sera la préfecture et la sous-préfecture, Éric Besson entreprend une opération de diversion somme toute classique. On se souvient de la douloureuse affaire du voile islamique en 2003 et 2004. Encore avait-on circonscrit l’offensive à l’école. L’entreprise, cette fois, est de plus grande ampleur. Il ne s’agit plus de faire la leçon à quelques adolescentes, mais d’apprendre à être de bons Français à des femmes et des hommes de tous âges, et souvent éprouvés par la vie. Le débat, nous dit-on, sera alimenté par un rapport parlementaire sur le « respect des symboles de la République ». Le ministère de M. Besson précise que la question « Qu’est-ce qu’être Français aujourd’hui ? » devra être posée « à chacun ».

L’opération ne serait pas à l’évidence motivée par des arrière-pensées aussi sordides, que notre curiosité serait mise en éveil. Oui, qu’est-ce qu’être Français aujourd’hui ? Nous avons hâte de le savoir. Et de connaître celui qui va nous le dire avec assez de morgue pour croire en une réponse instituée. Comme il se doit dans tout bon débat national, « des propositions seront soumises, en particulier sur la place des symboles nationaux ». Nous citons toujours ici le communiqué officiel du ministère, lequel nous fournit un début de réponse : il y aura par exemple « obligation pour l’ensemble des jeunes Français de chanter, au moins une fois par an, l’hymne national ». Être Français, ce sera ça ! On pourra allégrement trahir ses amis, instrumentaliser le racisme, jouer avec les peurs et les fantasmes de ses contemporains, collaborer idéologiquement avec l’extrême droite, fouler au pied ses engagements de jeunesse, à condition de chanter une fois par an la Marseillaise. Si l’on s’y prend bien, on peut, en une ou deux générations, construire une nation de parfaits salauds, dépourvus de toute morale personnelle, mais connaissant admirablement notre hymne national. Et, bien plus vite que cela, la France peut devenir un fortin hérissé de chevaux de frise, une machine à expulser et à exclure, un pays gorgé de suffisance et de nationalisme. Et que fera-t-on des « mauvais Français », ceux qui répondront mal aux interrogatoires identitaires ou qui chanteront faux la Marseillaise ? Dans quelle catégorie administrative va-t-on les répertorier si, par malheur, ils ne peuvent être rien d’autre que français ?

M. Besson croit-il que les « collabos » de 1940 n’étaient pas instruits de ce civisme que l’on enseignait aux blouses grises de la Troisième République ? Croit-il que les tortionnaires de la bataille d’Alger ignoraient la Marseillaise ? Ou bien les valeurs de la résistance, et parfois de l’insoumission, lui paraissent-elles inférieures à celles qu’il se pique d’imposer ? Évidemment, tout cela serait ridicule si ce n’était dangereux. Le problème n’est pas que des historiens et des sociologues réfléchissent à la question. Inutile donc, pour mieux se vautrer dans le piège tendu par la droite, d’invoquer, comme le fait une certaine gauche, les mânes de Fernand Braudel ou de Marc Bloch. Leur pouvoir d’historien était strictement d’analyse et de description. Ils n’étaient pas sous-préfets et n’affrétaient pas de charters. Le problème est, comme le dit Patrick Weil, lui-même historien, que « ce n’est pas au pouvoir politique de décréter ce qu’est être Français ». Mais, me direz-vous, je me donne bien de la peine pour répliquer à une manipulation dont les ficelles sont énormes. La vérité du « grand débat » de M. Besson ne tient-elle pas dans son calendrier : lancement le 2 novembre, conclusion et « colloque de synthèse » début février ? Nous serons alors à un mois des régionales. Les musulmans auront été sommés d’abjurer quelques-unes de leurs croyances ou de leurs pratiques. Le « communautarisme » aura été dénoncé. L’« autre » aura été jeté en pâture à l’opinion, qui aura réappris à avoir peur de tout ce qui ne lui ressemble pas. Et si la mèche prend, on aura relégué à l’arrière-plan la crise et le chômage assez de temps pour franchir l’échéance électorale. On peut évidemment envisager le problème sous ce seul aspect. Celui du cynisme d’une équipe toujours prête à brûler son « Reichstag ». Mais on peut aussi penser qu’il y a plus grave : un nationalisme de conviction qui hante une partie de la droite sarkozienne. Lorsqu’il affirme qu’il faut défendre « la douce France » créée par Charles Trenet en 1943, Frédéric Lefèbvre, porte-parole de l’UMP, ne se trompe ni de symbole ni d’époque.

29.10.2009

Ecologie politique : changer le logiciel

Analyse de Corinne Lepage
  
Les coups de gueules répétés de Daniel Cohn-Bendit à l'égard des Verts témoignent de la difficulté de changer de logiciel. Le succès de l'Europe écologie aux élections européennes n'est pas le succès des Verts ; il traduit l'espoir porté par Dany Cohn-Bendit de sortir l'écologie politique de l'ornière dans laquelle elle se trouvait en ouvrant les portes vers les non-verts principalement représentés par l'arrivée de  quelques responsables associatifs et d’Eva Joly.
La bataille qui se joue aujourd'hui est celle de transformer cette alliance de circonstance en une nouvelle forme d'action politique dans laquelle d'autres partis politiques que les Verts pourraient trouver leur place. C'est précisément ce que les Verts refusent considérant qu'ils doivent être la seule force organisée au sein du mouvement en formation et par voie de conséquence décider du sort de tous les autres.
Il va de soi qu'une telle attitude est inacceptable sur la forme comme sur le fond. L'union de tous les écologistes et au-delà de tous ceux qui considèrent que la question de la soutenabilité est la question première qui commande toutes les autres, passe évidemment par une organisation qui respecte tous les participants, faute de quoi Europe écologie se réduira comme une peau de chagrin aux seuls verts et quelques assimilés, qui ne répondront évidemment pas l'immense espoir suscité par les Européennes.
Mais, il ne s'agit pas seulement de la forme ; il s'agit également du fonds. Les Verts, en particulier français, portent une idéologie très marquée à l'extrême gauche, même si le secrétariat général actuel ouvre davantage. Or, la construction d’Europe Ecologie et plus généralement d'un grand mouvement d'écologie politique passe par une synthèse des différentes réponses que les écologistes proposent à l'analyse commune qu'ils font de la situation actuelle. La fermeture , voire le sectarisme dont certains Verts font  preuve rend impossible cette réflexion pourtant indispensable.
Si ce comportement persistait, il rendrait inévitable le maintien du morcellement actuel et les tentatives, difficiles, de transformer des partis traditionnels en partis effectivement porteurs de développement soutenable.
Le sujet est d’autant plus fondamental que le sujet de la démocratie et des libertés va s’avérer comme le partenaire incontournable du débat écologique. Comment en effet, dans le monde très largement non démocratique et où, dans les démocraties, les tentations autoritaires et de surveillance sont de plus en plus grandes (ce qui n'empêche évidemment pas les mêmes qui veulent plus de surveillance de se battre pour la dérégulation) trouver la voie d'une gouvernance démocratique d'une répartition plus équitable ? Les ponts entre démocratie et écologie doivent plus que jamais être lancés. La biodiversité politique est nécessaire aussi en écologie politique.
 
La question du libéralisme économique, de la régulation, de la décentralisation économique et énergétique, de la liberté de circulation de l'information sont des sujets essentiels dans les solutions qui peuvent être mises en place pour répondre aux défis écologiques.
Pour  toutes ces raisons, il est plus que souhaitable que le discours raisonnable Daniel Cohn-Bendit soit entendu des Verts.
En attendant, il semble qu’une belle occasion de créer une force capable de dynamiser et d’innover soit en passe d’être perdue.
Corinne Lepage
 
http://www.cap21.net/dynamic/dossier.php?id=1740
 

Daniel Cohn-Bendit critique les verts

NOUVELOBS.COM | 29.10.2009 | 08:18
Le leader écologiste reproche aux responsables Verts de contribuer "à l'échec collectif à structurer" le rassemblement Europe Ecologie en limitant l'ouverture.
 
Daniel Cohn-Bendit critique le comportement des Verts. (Reuters)
Daniel Cohn-Bendit a dénoncé l'attitude des Verts concernant le rassemblement Europe-Ecologie créé pour les Européennes autour des Verts et de personnalités non Vertes et jugé que leur comportement venait "renforcer notre échec collectif à structurer" le mouvement écologiste.
Dans un courriel envoyé mardi à des responsables des Verts et d'Europe-Ecologie que s'est procuré l'AFP, "Dany", en convalescence après une opération de la hanche, estime que "certains 'Verts' paniquent à l'idée de voir émerger une force organisationnelle concurrente".
"Ils tentent alors de redéfinir Europe-Ecologie à leur manière : 'oui à l'ouverture mais gérée, encadrée et limitée par nous les Verts'. Une attitude qu'illustre à merveille Jean-Vincent Placé (secrétaire national adjoint des Verts, ndlr) quand il se dit 'preneur' de toute proposition de candidat pour l'ouverture. Autrement dit, 'les Verts', personnifiés par Jean-Vincent Placé, 'prennent' et 'décident'", poursuit-il.

Difficultés pour rassembler

Pour "Dany", cette attitude "vient indubitablement renforcer notre échec collectif à structurer les comités locaux d'Europe-Ecologie", "à rassembler tant les personnalités que les non-encartés et à donner à la composante non-verte d'Europe-Ecologie une quelconque réalité organisationnelle".
Selon le leader écologiste, "le degré d'ouverture des listes régionales dépend donc essentiellement de deux facteurs : d'un côté de l'intelligence, de la lucidité et du bon-vouloir des Verts et, de l'autre, de la capacité argumentative du canal historique d'Europe-Ecologie" (Yannick Jadot, Jean-Paul Besset, Pascal Durand ou José Bové).

L'ovni Europe-Ecologie

"Quant à la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, elle est le point cardinal raisonnable et conscient de la nécessité d'une unité d''Europe Ecologie-Les Verts'", souligne le co-président des Verts au Parlement européen.
"Dany va finir par faire du mal au rassemblement en opposant Verts et non-Verts", déplore un Verts, proche de la direction.
Avant de mener le débat "difficile et fondamental sur l'avenir définitif de l'Ovni 'Europe Ecologie-les Verts'", "nous avons la responsabilité commune de mener à bien l'aventure des régionales autour de trois maximes : 'rassembler, ouvrir, se respecter'", écrit encore Daniel Cohn-Bendit.

(Nouvelobs.com avec AFP)
 

27.10.2009

La Cour des compte épingle à deuc reprises les dépenses de Nicolas Sarkozi

Un rapport de la Cour des comptes remis au Sénat critique sévèrement les 171 millions d'euros dépensés par la France pour sa présidence de l'Union dans le second semestre 2008, l'une des plus coûteuses de l'histoire. Dans ce rapport publié dimanche par Mediapart , la Cour s'interroge particulièrement sur le sommet de l'Union pour la Méditerranée en juillet, financé de manière dérogatoire et sans aucune décision formelle sur le budget de la présidence européenne, pour 16,6 millions d'euros.

L'article , La folie des grandeurs , de Mediapart fait état d'un courrier critique envoyée de président Philippe Séguin le 9 octobre au Sénat. "Il constate que les dépenses ont été très supérieures aux présidences françaises précédentes de 1995 (14,1 millions d'euros) et de 2000 (56,9 millions), et aussi à celles des autres présidences les plus récentes, qui se sont situées entre 70 et 80 millions d'euros, souligne la Cour. Philippe Séguin relève un "nombre considérable d'opérations financées sur ce programme", en dénombrant 489 en six mois dont neuf sommets, 227 réunions ministérielles ou de niveau ministériel, 328 séminaires ou symposiums. Le président de la Cour remarque aussi que c'est l'Élysée qui aura finalement mobilisé le plus de crédits pour ses réunions, 76 millions d'euros.
"
 Philippe Séguin, qui estime que l'Union devrait à l'avenir mieux encadrer et organiser ces dépenses.

23.10.2009

Jean Sarkozy renonce à la présidence de l'EPAD... Les citoyens ont eu raison avant tout le monde !

Publié sur http://www.monputeaux.com/  :

Jean Sarkozy a donc annoncé ce soir dans le 20h de France 2 qu'il ne
se portera pas candidat à la présidence de l'EPAD. Ne gâchons pas
notre plaisir : c'est une belle victoire !
Mes pensées vont aux plus de 93.000 personnes qui ont signé la
pétition. Dans ce texte, en quelques lignes, nous lui demandions de
renoncer, tout simplement parce qu'il n'avait pas le profil pour la
fonction. Il l'a fait. C'est une décision sage, qui apaise. C'est
bien.

Malheureusement, il gâche un peu ce geste de bon sens en parlant de
"manipulaton". Nous serions des citoyens manipulables incapables de
réflexion.

Mais qui a tenté de manipuler qui dans cette histoire ?

En effet, que n'avons-nous pas entendu depuis le 8 octobre, jour du
lancement de notre protestation citoyenne ! Tout ce qui compte à l'UMP
a été mobilisé sur les ondes et dans les journaux pour "sauver le
soldat Jean" :

La première semaine, le fils du chef de l'Etat, fils d'un génie et
donc génie lui-même (on a entendu ça, oui !), était le candidat idéal,
celui qui, par sa jeunesse et son dynamisme, allait renouveler la
politique ; celui qui, par son talent quasi universel, allait relancer
l'économie française !

La seconde semaine, l'argumentaire avait déjà été un peu modifié : la
fonction de président de l'EPAD devenait insignifiante, symbolique...
C'est le directeur qui, en fait, décidait tout. J'ai même entendu le
président des Jeunes Populaires dire que l'EPAD, "ça gérait l'eau et
l'électricité de La Défense". Sans rire !

Gérer l'aménagement d'un quartier où sont installés 2.500 entreprises
où travaillent 150.000 salariés, dans un territoire peuplé de 200.000
habitants : une paille ! Tout cela ne représentait rien ! Mais alors
pourquoi vouloir absolument que ce soit Jean Sarkozy le président de
ce grand rien ?

Quelle grossière erreur politique, tout de même, toute cette affaire !

Qui avait tort finalement et qui avait raison ?

NOUS avions raison ! Les citoyens - sur les réseaux sociaux, sur
Twitter (#jeansarkozypartout), sur les blogs - se sont mobilisés, ont
dit non, ont relayé des textes, des vidéos, ont publié des milliers de
commentaires... et ont signé par dizaines de milliers la pétition !
Les partis sont venus après. Et les médias traditionnels encore après.

Pourquoi une telle mobilisation ? Ce n'était pas une question de
droite ou de gauche. Nous nous sommes sentis agressés. Ce sont les
valeurs qui fondent notre démocratie qui ont été atteintes. Le
favoritisme et le népotisme nous sont insupportables, surtout quand
cela vient du chef de l'Etat ! "République bananière", avons-nous
pensé ! Spontanément, collectivement, nous nous sommes défendus.

Cette vigilance citoyenne a fait reculer les auteurs de ce mauvais
scénario. Ils ont reculé, mais ils n'ont pas renoncé pour autant.

Jean Sarkozy sera élu, vendredi matin au conseil général des Hauts-de-
Seine à Nanterre, représentant du département au conseil
d'administration de l'EPAD. Il rêvait du siège de président, il devra
se contenter de celui d'administrateur. En attendant mieux ?

Soyons vigilants ! Restons mobilisés !  

Christophe Grébert


19.10.2009

Jean Sarkozy à l'EPAD

Jean Sarkozy à l'EPAD : même sans les voix des fonctionnaires, sa
nomination reste assurée !

par Christophe Grébert , conseiller municipal  Modem à Puteaux

   Publié sur http://www.monputeaux.com :

Invité du Grand Rendez-vous Europe1-Le Parisien-Aujourd'hui en France, le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel, a indiqué qu'il était
aussi «possible» que les 9 représentants de l'Etat au conseil d'administration de l'EPAD «ne participent pas au vote» du 4 décembre ; conseil lors duquel Jean Sarkozy doit être nommé à la place de Patrick Devedjian à la tête du plus grand pôle d'affaires européen.

«J'observe que dans le passé, il est arrivé que les représentants de l'Etat ne prennent pas part au vote de cette élection. Donc, par souci
de clarté et de transparence, on peut très bien imaginer que les représentants de l'Etat ne participent pas au vote», a déclaré le
porte parole du gouvernement. Il a aussitôt ajouté «mais c'est aux ministres compétents de décider».

Il démontre ainsi qu'il s'agit bien d'une "nomination" et pas d'une "élection", puisque ce sont "les ministres qui décident".

9 fonctionnaires représentant 4 ministères (Culture, Economie, Intérieur, Equipement) siègent à ce conseil d'administration, aux
côtés de 9 représentants des collectivités territoriales : 1 de la région Ile-de-France, 2 pour les Hauts-de-Seine, 1 pour Paris, 1 pour
Nanterre, 1 pour Puteaux, 1 pour Courbevoie, 1 pour le STIF et 1 pour la Chambre de commerce et d'insdustrie.

Même si les 9 fonctionnaires ne participent pas au scrutin, l'élection de Jean Sarkozy reste cependant assurée.

En effet sur les 9 représentants des collectivités :

- 4 sont de l'UMP (les 2 représentants du 92 : Patrick Devedjian et Jean Sarkozy lui-même + les maires de Puteaux et de Courbevoie),
- 2 sont du PS (le représentant du Stif et celui de la région),
- 2 sont du PC (le maire de Nanterre et l'administrateur représentant Paris),

- Enfin le dernier, Claude Leroi, est le président de la chambre de commerce et d'industrie des Hauts-de-Seine. Ce dernier est un ancien
conseiller municipal de Nicolas Sarkozy à Neuilly-sur-Seine !

En demandant aux fonctionnaires de ne pas participer au scrutin, Nicolas Sarkozy pense échapper, à bon compte, à l'accusation de
"nomination" de son fils à un poste très important dans le futur dispositif du "Grand Paris".

A bon compte, puisque son fils cadet conserve malgré tout une majorité au sein du conseil d'administration.

Le "vote" de Claude Leroi, qui est un proche de Nicolas Sarkozy, ne constitue pas un suspens. Jean Sarkozy sera "nommé" par 5 voix contre
4, au lieu de 14 voix contre 4, voilà tout.

 

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