13.09.2009

SANTE -VACCIN H1N1

VACCIN H1N1 : pas si simple: doutes

Le Gouvernement a acheté 94 millions de doses de vaccin qui seront livrées peu à peu durant l’automne. Les commandes ont été passées auprès de 4 fabricants : Sanofi Pasteur, GSK, Baxter et Novartis.

le Syndicat National des Professionnels Infirmiers CFE-CGC (SNPI) a consulté ses membres concernant  cette vaccination.
Le syndicat indique avoir « adressé un courrier à 12 607 infirmières le 1er septembre, il aurait reçu 2 074 réponses réparti ainsi :
- 63 % refusent la vaccination H1N1,
- 26 % vont se faire vacciner,
- 11 % n’ont pas encore pris leur décision.

Le SNPI estime « nécessaire de se faire vacciner contre la grippe saisonnière, car cela permet de réaliser rapidement un diagnostic différentiel : une personne vaccinée qui présente un syndrome grippal aurait a priori une grippe H1N1 ».

Par contre il exprime des réserves concernant une vaccination H1N1 de masse avec un vaccin « fabriqué rapidement dans un cadre réglementaire dérogatoire, avec présence discutable d’un adjuvant ». L' adjuvant est une substance chimique qui est utilisée pour rendre le vaccin plus efficace et qui permet d’utiliser une dose d’antigènes plus faible.

A ce sujet le Comité Technique des Vaccinations a indiqué qu’il fallait un vaccin sans adjuvant pour les nourrissons, les femmes enceintes, et les patients souffrant de pathologies auto-immunes.

Par ailleurs, le syndicat évoque les risques de Syndrome Guillain-Barré en se basant sur le communiqué de l’Organisation Mondiale de la Santé : « Le syndrome de Guillain-Barré est un trouble aigu affectant le système nerveux. Il s'observe à la suite de diverses infections, dont la grippe"...

12.05.2009

Santé: vases communicants Chine et France?


Alors que la France a de plus en plus en plus de mal à financer son système de sécurité sociale, la Chine trouve que les principes issus du Conseil National de la Resistance sont de bonne gestion économique.
Doit-on en conclure qu'un pays émerge alors que l'autre s'enfonce suivant le principe des vases communicants? Ce serait désespérant.

Alors devons-nous nous comporter  comme des comptables frileux ou devons considérer que ce qui a fait la force de notre cohésion sociale pendant les trente glorieuses mérite d'être sauvegardé? Il y a là des choix stratégiques en matière  d'investissement public. Sûrement faudra-t-il redonner un coup de jeune au modèle mais faut-il pour autant casser le modèle?

voilà ce que m'inspire l'édiorial du Monde  du 11 05 09 , ci-dessous


"Le monde à l'envers. Ou cela y ressemble. A Paris, le Sénat va commencer, mardi 12 mai, l'examen du projet de loi " Hôpital, patients, santé, territoire ", qui vise notamment à rationaliser davantage la gestion du système hospitalier français. Les syndicats des personnels concernés contestent vigoureusement ce texte dont la philosophie consiste, dénoncent-ils, à obtenir une participation croissante des patients au financement du fameux " trou de la Sécurité sociale .

Cette controverse devrait intéresser le professeur Deng Dasong, spécialiste chinois des questions de sécurité sociale, qui séjourne en France cette semaine. Car la Chine s'engage dans une gigantesque réforme de son système de santé. Elle entend améliorer la couverture du risque maladie pour 90 % des chinois d'ici à 2011 et de la généraliser d'ici à 2020.

Cela passe par la création ou la rénovation, sur tout le territoire, de =izaines de milliers de dispensaires et d'hôpitaux. Cela suppose la fixation publique du prix de trois cents médicaments, aujourd'hui en vente " libre " dans les hôpitaux. Enfin, la rémunération des personnels de =anté, particulièrement mal payés, sera fortement augmentée pour favoriser leur qualification et limiter la corruption. Le premier volet de ce plan coûtera 93 milliards d'euros d'ici à 2011.

Le calcul de Pékin est simple : pour rendre l'économie nationale moins dépendante d'exportations en chute libre en raison de la crise qui sévit en Occident, les Chinois doivent consommer plus. Ils doivent donc cesser d'épargner comme ils le font actuellement pour pouvoir s'offrir, en cas de malheur, soins et médicaments. Pour y parvenir, la Chine a tout bonnement choisi la voie d'une assurance-maladie universelle publique, financée par les cotisations obligatoires prélevées sur les salaires. Comme notre bonne vieille " Sécu " !

De son côté, Barack Obama a donné la priorité, dans le budget adopté par le Congrès américain le 29 avril, à la remise sur pied d'une couverture maladie qui, mise en pièces par l'évolution de l'économie et la précarité de l'emploi, laisse de côté des dizaines de millions d'Américains et bride, là encore, la consommation et la croissance. En Chine comme aux Etats-Unis, il s'agit de réparer les dégâts du sous-financement d'un secteur-clef de la société comme de l'économie.

Au moment où la France adapte son système, ces réformes venues d'ailleurs nous le rappellent : une sécurité sociale généreuse n'est pas =eulement une conséquence de la croissance durable, elle en est aussi à l'origine."

© Le Monde

05.05.2009

Vraies et fausses questions sur la grippe mexicaine, par Corinne Lepage

Vraies et fausses questions sur la grippe mexicaine, par Corinne Lepage
4 mai 2009

Avec l’annonce d’une possible pandémie, les théories du complot ont retrouvé, comme aux plus belles heures du 11 septembre, un terreau fertile. Cette recrudescence est rendue possible par le fait que les vraies questions ne semblent pas posées et que l’alarmisme de l’OMS, soutenu par la plupart des gouvernements du monde apparaît incompréhensible pour les raisons qui sont avancées, alors qu’il l’est peut-être pour des raisons plus profondes qui ne sont pas exprimées.

Par Corinne Lepage, 4 mai 2009

Revenons sur la question première et sans doute, la plus importante pour le futur, celle de la cause initiale.

Comme le note Michael Le Page, dans un article paru dans New Scientist, le nouveau virus est un mixte de 4 virus : virus porcin nord américain, virus aviaire nord américain, virus humain H1N1 et virus porcin existant en Asie et en Europe. Sans doute, est-il rare d’être infecté par deux virus en même temps et encore plus rare que ces virus viennent d’autres espèces. Mais cela peut se produire, notamment chez les porcs, qui peuvent réunir virus aviaires et humains . La recombinaison répétée peut produire des mélanges de la nature de ceux qui sont aujourd’hui observés. Il existe, du reste, des précédents de recombinaison de virus humains et aviaires en Italie dans les années 80 et un virus H1N2 a été trouvé en Grande Bretagne dans les années 90.

Dès lors, cet article n’exclut pas compte tenu de l’ignorance globale à l’égard de ce virus et de sa capacité de se propager d’homme à homme qu’il ait pu être crée à l’issue d’une erreur de manipulation dans un laboratoire de recherche ou de fabrication d’un vaccin. Mais, l’explication la plus plausible est que ce "monstre" viral soit le produit de puis longtemps prédit de notre mode de production.

Le vrai sujet conclut l’article est notre mode de production et non un complot de laboratoire pour créer une pandémie.

De fait, 6, 5 milliards de personne sur la planète, 1 milliard de cochons et 70 milliards de poulets constituent un paradis à virus.

Parce que les élevages fortement concentrés ont tendance à rassembler d’importants groupes d’animaux sur une surface réduite, ils facilitent la transmission et le mélange des virus », expliquaient des scientifiques de l’agence nationale des instituts de santé publique américaine (NIH).Trois ans plus tôt, Science Magazine avait souligné le risque des élevages industriels et des vaccins comme accélérateurs du rythme d’évolution de la grippe porcine. Mais il n’existe toujours aucun contrôle , pas système national officiel de surveillance pour déterminer quels sont les virus les plus répandus dans la population porcine américaine.

Dans l’affaire de la grippe mexicaine, tout semble avoir commencé avec une étrange maladie respiratoire qui a sévèrement affecté la communauté villageoise de La Gloria dans l’Etat de Veracruz ces derniers mois, à la suite de la pollution provoquée par la grande ferme porcine récemment installée par Granja Carroll, une filiale de la société américaine Smithfield Foods, le plus grand producteur de porc mondial. Fin 2008, une enquête était enfin diligentée révélant que plus de 60% de cette communauté de 3 000 personnes souffraient d’une maladie respiratoire, mais le nom de la maladie n’a pas été officiellement confirmé. Avec 3 semaines de retard et après l’annonce officielle de la grippe , on apprendra que le premier cas de grippe porcine diagnostiqué dans le pays avait été le 2 avril 2009 celui d’un petit garçon de 4 ans appartenant à la communauté de La Gloria.

Le test confirmera qu’il s’agissait bien de grippe porcine. Or, dès le début du mois d’avril, une société américaine privée d’évaluation des risques, Veratect, avait, prévenu les responsables régionaux de l’OMS de la situation de La Gloria. De plus, indépendamment d’ une épidémie de grippe aviaire apparue en septembre 2008 parmi les volailles de la région, dont le caractère peu pathogène a été affirmé, une autre épidémie de grippe aviaire s’est produite à environ 50 kilomètres de La Gloria, dans un élevage industriel appartenant à Granjas Bachoco, la plus grande entreprise de volailles du Mexique. Elle a été cachée pour ne pas nuire aux exportations mexicaines.

Telle est, semble-t-il l’historique de cette épidémie. C’est dans ce contexte qu’il faut analyser la réponse internationale au problème ; il est évident que tout doit être fait pour éviter une pandémie.

Cependant plusieurs questions méritent d’être posées, dans le domaine de la gestion sanitaire et médiatique de cette pandémie possible ?

Dans le domaine sanitaire

-  Tout d’abord, le recours aux médicaments est évidemment une bonne nouvelle pour les laboratoires qui les produisent. Mais, en ce qui concerne leur utilisation, le nombre sera-t-il suffisant en cas de pandémie pour soigner le nord et le sud ?

-  L’annonce de vaccins possible pose la même question avec un point supplémentaire. Les vaccins ne peuvent être qu’une réponse partielle dans la mesure où d’une part il ne donne pas une protection à 100 % et d’autre part, si les vaccinations sont dispersées, elles peuvent créer une explosion virale qui resterait invisible Des vaccins inefficients de plus, pourraient entraîner une évolution qui supprime l’immunité du vaccin. Le remède pourrait être pire que le mal, si le vaccin n’est pas utilisé de manière équivalente sur la surface de la planète.

Dans le domaine de la communication

-  Alors qu’en réalité, ce virus ne parait, pour le moment, guère être plus dangereux que la grippe « normale » qui tue entre 300 et 500 000 personnes par an, faut-il être aussi alarmiste ?

-  Cet alarmisme ne vient -il pas en réalité de l’ignorance dans laquelle se trouve la communauté scientifique de la mutation potentielle de ce virus et dans ce cas, ne faudrait-il pas l’expliquer plutôt que de créer une psychose ?

-  Cette psychose que l’on voit se développer notamment aux Etats-Unis avec une note du Trésor américain évaluant à 1,5% la perte de PIB due à un scénario catastrophe entraînant durant 8 semaines d’inactivité partielle, et par exemple le couvre feu du fait de la baisse de policiers ou le ralentissement d’internet est elle justifiée ?

-  La communication mondiale n’a-t-elle pas, a minima , aussi comme objectif de réduire doublement l’impact médiatique de la crise économique, d’une part, en attirant l’attention sur un autre fléau qui pourrait être vital , d’autre part, en imputant à la crise sanitaire à venir une partie des effets de la crise économique actuelle ?

-  Et surtout, en mondialisant la communication sur la « prévention » de nature « antiseptique », on occulte complètement le vrai débat sur les causes de cette pandémie possible. On ne prévient pas , on limite les risques de propagation sans s’attaquer aux causes. Or, les mêmes causes produisant les mêmes effets , il va de soi que le maintien d’une production industrielle ne peut que multiplier les catastrophes, réduire l’impact des antibiothérapies et augmenter les menaces pandémiques en tous genres.

-  Enfin, la question de santé publique doit être posée sérieusement. Les menaces pour la sécurité des consommateurs qui font partie intégrante de notre système alimentaire industriel sont exacerbées sont démultipliées par l’irresponsabilité généralisée et par une tendance générale à privatiser complètement les soins de santé, ce qui a réduit à néant la capacité des systèmes publics à apporter des réponses adéquates en cas de crise, Le fait que la surveillance des épidémies soit confiée à des sociétés privées, que les gouvernements et les agences des Nations Unies cachent des informations essentielles dans un but économique, que la véritable sécurité alimentaire ne soit pas assurée à la base, n’est plus acceptable. Il est grand temps de savoir ce qui s’est passé et d’en tirer toutes les conséquences

Peut-être que le jour où l’Humanité acceptera de poser les bonnes questions, elle sera en capacité d’apporter les bonnes réponses.


Article communiqué par CAP-21