28.09.2009

L'Euro et le chômage

Dites nous pourquoi !

 
Depuis 20 ans l´Union Européenne a opté pour une monnaie unique à un taux élevé, ayant pour conséquence première, pour notre peuple, l´augmentation du chômage alors que pour sortir de la crise, la Grande-Bretagne a choisi de laisser dévaluer la livre d´une moyenne de 25 %.
 
De nombreuses analyses attestent que l´euro est surévalué, l´argument de la flexibilité économique n´est aujourd´hui plus de mise et  "la politique de l´autruche semble bien être celle de la politique de « l´euro fort »" .
 
Notre commerce extérieure ne peut faire face à des coûts surévalués par rapport à la Chine ou aux Etats-Unis.
Cela se rajoutant aux erreurs cumulées du passé pour ne citer que les 35 heures, qui ont accentué la délocalisation d´abord en Europe de l´Est , puis vers la Chine !
 
Mais le sujet est à aborder avec circonspection:
Les politiques monétaires sont souvent des choses subtiles à analyser quand on n’a pas toutes les données en main.
Si on ne maitrise pas tous les flux sous-jacents, on peut dire parfois des contre-vérités sans s’en rendre compte.
 
Alors
Vous messieurs les grands argentiers qui jouaient ainsi avec nos emplois et notre pouvoir d’achat, vous devez avoir de sérieuses raisons de ne pas faire ce que le bon sens de la ménagère de 50 ans voit avec évidence.
Alors expliquez-vous ! que l’on puisse vous comprendre !







 

15.09.2009

Les Chefs d’Etat et de Gouvernement du G20 se réuniront à Pittsburgh

le 24 et 25 septembre 2009. Soyons vigilants!

Les Chefs d'Etat et de Gouvernement ont pris des engagements à Londres et le Conseil de Stabilité Financière a élaboré une série de principes. Sur ces bases,  le G20 devrait s’accorder à Pittsburgh sur de vrais résultats

Les grands principes retenus devant guider les travaux du sommet de Pittsburgh sont  de mettre en oeuvre de nouvelles mesures de politiques économiques  et  réaffirmer la volonté de développer un nouveau modèle de croissance soutenable et une meilleure organisation des marchés financiers, afin que la crise ne puisse pas se reproduire.

Donc le sommet du G20 de Pittsburgh, doit élaboré des stratégies nouvelles,  de manière coordonnée : 

-Trouver une alternative aux mesures prises pour lutter contre la crise, 

-Etre attentifs à ne pas créer les conditions de nouveaux déséquilibres globaux dans le long terme.

-Le sujet des rémunérations dans le secteur financier

 Un des enjeux clés du sommet de Pittsburgh sera de concevoir l’architecture d’un cadre de régulation internationale pour le secteur financier afin qu’il soit au service de l’investissement et de la croissance.

 .

Voici des extraits de la lettre commune d' Angela Merkel, Gordon Brown et Nicolas Sarkozy

"Nous devons améliorer la gouvernance

: des comités de rémunérations impliquant le conseil d’administration et le personnel, y compris les contrôleurs des risques, doivent être mis en place afin de définir et de développer les politiques de rémunération :

-Nous devons accroître la transparence

: des obligations appropriées de publication doivent être imposées aux banques ;

-Les politiques de rémunération doivent encourager la prise en compte des risques pour toutes les personnes impliquées dans la détermination des risques encourus par une institution financière :

(i) la rémunération variable, y compris les bonus, doit être fixée à un niveau approprié par rapport à la rémunération fixe et doit dépendre de la performance de la banque, des lignes de métiers et des individus.

(ii) Lorsque des stocks options ou des actions sont distribuées au titre de la rémunération, elles ne doivent pouvoir être exercées ou vendues qu’après une période déterminée.

(iii) Les rémunérations variables doivent prendre en compte les développements négatifs. Ceci signifie que les bonus garantis doivent être évités. Le paiement d’une majeure partie des rémunérations variables significatives doit être étalé dans le temps sur une période appropriéeet peut être annulé en cas d’évolution négative de la performance de la banque.

(iv) Les dirigeants ne doivent pas être totalement immunisés sur les risques qu’ils encourent (par exemple par des franchises obligatoires). Pour les dirigeants des entreprises cotées, le conseil d’administration doit avoir les moyens de réduire la rémunération des dirigeants en cas de détérioration des performances de la banque.

 Le G20 doit transformer ces principes en règles obligatoires pour les institutions financières qui disposent d’activités complexes et risquées de taille importante et s’assurer que des sanctions existent au niveau national pour lesbanques qui n’appliquent pas ces règles. Par exemple, les gouvernements pourraient ne pas accorder de mandats à des institutions financières dont il est reconnu qu’elles n’appliquent pas les règles agréées au niveau international.

 Nous devrions également examiner les moyens de limiter le montant des rémunérations variables dans les banques soit en proportion desrémunérations totales, soit en fonction des revenus et/ou des profits de la banque.En outre, les activités de spéculation qui représentent un risque pour la stabilité financière doivent également être découragées en augmentant les exigences de fonds propres sur ces activités, comme le recommande déjà le comité de Bâle.

Les règles de Bâle 2 doivent être mises en oeuvre pleinement pour assurer une égalité des conditions de concurrence dans tous les pays représentés au Comité de Bâle.

Le G20 doit traiter le problème de l’aléa moral créé par les institutions financières de nature systémique. Les ministres des finances devront examiner les moyens de renforcer les obligations de supervision pour ces institutions afin de refléter le niveau de risque systémique qu’elles font peser sur le secteur financier et comment ces institutions peuvent être démantelées si nécessaire sans perturber le secteur financier dans son ensemble.

En matière de juridictions non coopératives, en se fondant sur les avancées réelles constatées, nous devrions nous accorder sur une liste complète de contremesures qui pourraient être mises en oeuvre à compter de mars 2010 pour les juridictions qui n’ont pas mis en oeuvre de manière effective les normes internationales en matière d’échange d’informations fiscales. Nous devons aussi à Pittsburgh jeter les bases d’une nouvelle coopération économique mondiale qui ne pourra s’exercer qu’avec le soutien d’organisations internationales fortes et légitimes. Nous devons donc arrêter la feuille de route de la nécessaire

réforme de la gouvernance et de la représentation au FMI, qui doit être conclue en janvier 2011, et de la Banque mondiale, qui doit s’achever au printemps 2010. Nous devrons passer en revue la mise en oeuvre des engagements pris à Londresen matière de financement. En particulier, l’ensemble des nouvelles contributions bilatérales devra être intégré dans les nouveaux accords d’emprunts du FMI. Nous devons mener à bien le processus de revue du capital des banques multilatérales de développement. Pour soutenir les plus pauvres dans les pays en développement, tous les pays du G20 devraient adopter l’initiative « Tous sauf les Armes », afin d’adresser un signal déterminé d’actionen faveur du développement.

-Enfin, nous devons faire progresser notre travail sur une Charte pour une activité économique soutenable qui ancrera la soutenabilité comme un principe fondamental de l’économie mondiale et permettra à l’avenir de prévenir les crises telles que celle que nous avons vécue. afin que nous soyons en mesure de proposer à nos concitoyens les fondations concrètes de la croissance future..."

 

 

29.06.2009

L'emprunt national de 2010

Dimanche 28 juin 2009, 20h59 - Le Journal du Net
François Fillon a annoncé dimanche que l'emprunt national voulu par Nicolas Sarkozy sera lancé début 2010, soulignant qu'il ne s'agissait pas de financer un "deuxième plan de relance" mais des "priorités" bien précises, qui seront arrêtées en novembre.
Le Premier ministre avait réuni l'ensemble de son gouvernement à Matignon pendant plus de deux heures pour mettre au point "le calendrier et les modalités" de mise en oeuvre de ce grand emprunt qu'avait annoncé le chef de l'Etat lundi au congrès de Versailles.
Il a ainsi indiqué que les consultations s'achèveront fin octobre et que "les conclusions" en seraient tirées "dans la première quinzaine de novembre". C'est le Parlement qui prendra alors la main pour "décider à la fois des priorités et en même temps des modalités de l'emprunt". finances rectificative, soit une loi de programmation au début 2010" -qui coïncidera avec la campagne pour les élections régionales-, a-t-il dit. "Dans la foulée, l'emprunt dédié annoncé par le président de la République sera lancé", a ajouté M. Fillon.
Si le Premier ministre a donné quelques pistes sur les "priorités" qui seront retenues - "la croissance verte et le développement durable", "l'université de demain et l'économie de la connaissance"- tout sera décidé à l'issue du processus de consultation, qui débutera mercredi à l'Elysée avec les partenaires sociaux.
Les "responsables économiques", les "acteurs du monde de la recherche, de l'éducation et de la culture" seront associés, pour déterminer "des projets ciblés, en petit nombre, structurants avec une rentabilité financière et socio-économique qui soient clairement appréhendables".
Des "co-financeurs externes" pourrait être sollicités, a affirmé M. Fillon sans autre précision, mais laissant ouvert la possibilité de partenariats public-privé. Selon une source gouvernementale, les dossiers retenus porteront sur du moyen ou long terme, "5 à 10 ans".
M. Fillon a surtout pris soin d'évacuer l'idée d'un deuxième plan de relance de l'économie après celui de 26 milliards d'euros de fin 2008, qui sert à financer 1.000 chantiers tous azimuts. "Il s'agit de dessiner notre vision de la France, c'est à dire de la France de l'après-crise", a-t-il souligné.
"Toutes les ressources de l'emprunt public devront être affectées à des dépenses clairement identifiés comme porteuses de croissance et d'emploi", a insisté le Premier ministre.
Anticipant les critiques sur un nouveau creusement du déficit, déjà abyssal, il a réaffirmé qu'il n'était pas question de puiser dans cette future cagnotte pour résorber les "déficits structurels" ou servir à "des dépenses de fonctionnement".
"Il ne s'agit en aucun cas d'utiliser cet emprunt public comme une solution miracle à toutes nos difficultés budgétaires", a dit M. Fillon.
Au contraire, le gouvernement entend poursuivre la réduction des emplois publics, a-t-il poursuivi, balayant à nouveau une "politique de rigueur" qui serait "absurde".
Le gouvernement n'entend pas non plus recourir à l'emprunt "pour accroître les dépenses sociales".
"Tout ça pour ça", a réagi Pierre Moscovici, membre de la direction nationale du PS. "Il s'agit clairement d'un habillage, alors que la seule utilité pour un emprunt serait de financer un plan de relance sérieux", a-t-il conclu.
Dominique de Villepin, prédécesseur de M. Fillon à Matignon, a pour sa part taclé le Premier ministre, affirmant n'être "pas sûr que l'emprunt soit la formule pour solutionner tous les maux".

24.06.2009

Leçon d'économie, par Jacques Attali

Leçon d'économie, par Jacques Attali publié dans l'internaut
Dans une économie saine, l'emprunt sert à investir pas à consommer.
 
lundi 22 juin 2009
Parmi les innombrables messages qui circulent sur le Net, il en est un, ces jours-ci,  qui m'a beaucoup intrigué. Le voici: «Dans un village qui vit du tourisme, il n'y a plus de touristes, à cause de la crise. Pour survivre, tout le monde emprunte à tout le monde. Plusieurs mois passent, misérables.  Arrive enfin un touriste qui prend une chambre dans l'hôtel, qu'il paie avec un billet de 100 euros. Le touriste n'est pas plutôt monté à sa chambre que l'hôtelier court porter le billet chez le boucher à qui il doit justement cent euros. Le boucher va lui-même  aussitôt porter le même billet au paysan qui l'approvisionne en viande; le paysan, à son tour se dépêche d'aller payer sa dette à la prostituée à laquelle il doit quelques «services». La prostituée va à l'hôtel pour rembourser à  l'hôtelier les chambres qu'elle louait à l'heure. Comme elle dépose le billet de 100 € sur le comptoir, le touriste, qui  venait dire à l'hôtelier qu'il  devait repartir tout de suite,  ramasse le  billet et disparaît. Au total, chacun a payé sa dette;  rien n'a été dépensé, ni gagné, ni perdu, par personne. Et plus personne dans le village n'a de dettes. N'est-ce pas ainsi qu'on est en train de résoudre la crise mondiale?»
Ce texte étonnant appelle bien des commentaires :
-1.  Quel est le tour de passe-passe? Comment est-il possible de faire disparaitre l'ensemble des dettes de tout un village sans que personne ne dépense un sou (sauf  peut-être  l'hôtelier, qui a perdu la disposition de sa chambre pendant le temps,  même court, pendant lequel le client l'avait louée)? Tout simplement parce que, chaque villageois a une dette à l'égard d'un autre; de façon circulaire. Il  suffit donc, pour l'annuler  pour tous, de l'annuler pour chacun.
-2. La situation globale de l'économie réelle ressemble à la situation de ce village, car chacun, dans le monde, est à la fois créancier de l'un (au moins sa banque) et débiteur d'un autre (au moins une banque), et même de plusieurs autres. Et le total des dettes, par définition, est égal à celui des créances.
-3. Cette histoire donne une belle leçon d'économie: personne, dans  les institutions financières au moins, ne pense à rembourser sa dette; au contraire, beaucoup s'emploient, avec l'argent nouveau qu'ils peuvent recevoir, à en créer de nouvelles, pour eux-mêmes et pour d'autres.
-4. Si l'argent que distribue en ce moment de façon presque illimitée, dans chaque pays, la Banque Centrale (ici, le touriste) servait à rembourser les dettes de tous , et d'abord celles de l'Etat (ici, l'hôtelier),  plutôt qu'à en accumuler de nouvelles, en le dépensant, la crise pourrait etre résolue beaucoup plus vite et plus sainement qu'aujourd'hui, où le recul de la crise s'annonce comme la préparation d'une autre, bien plus terrible, par accumulation de dettes insurmontables.
-5. Peut être faudrait-il enseigner ainsi l'économie. Sans doute comprendrait-on mieux quelques idées simples. Et d'abord, que la priorité d'une économie saine, c'est d'utiliser l'emprunt pour investir, et pas pour consommer. Mais de cela, le système financier ne veut pas entendre parler. Même aujourd'hui, alors que la crise est encore intense, il n'a qu'une seule préoccupation: retourner au plus vite à son métier principal, endetter les autres, pour faire  le maximum de profits.
Jacques Attali

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13.05.2009

Le rapport du directeur général de l'Insee, Jean-Philippe Cotis, sur le partage des richesses et les écarts de rémunérations en France

Résumé du journal le Capital

Le rapport du directeur général de l'Insee, Jean-Philippe Cotis, sur le partage des richesses et les écarts de rémunérations en France est rendu au Président aujourd'hui.

Sur fond de tensions sociales avivées par les révélations sur la rémunération de certains grands patrons et la pire récession de l'après-guerre, le gouvernement veut que les entreprises rémunèrent mieux leurs salariés.

Le gouvernement a annoncé qu'il passerait par la loi sur ce dossier si les partenaires sociaux ne parviennent pas à s'entendre.
Laurence Parisot s'est dite ouverte à "la discussion, à la délibération et à la négociation", mais la présidente du Medef a surtout souligné que le rapport Cotis, dont des versions intermédiaires ont déjà circulé, mettait en évidence la stabilité de la part des salaires dans la valeur ajoutée sur les trente dernières années.

Laurence Parisot a aussi fait valoir que "l'écart entre l'évolution des 10% des salaires les moins élevés et les 10% des salaires les plus élevés" relevé par le rapport Cotis avait "plutôt tendance à baisser en France".

Certes les Français les mieux payés - les 0,1% de salariés aux rémunérations les plus élevées - ont vu leurs salaires augmenter plus que les autres entre 1996 et 2001 mais cela concerne 13.000 personnes et seuls 15% d'entre elles sont des dirigeants d'entreprise, a relativisé Laurence Parisot.

Les organisations syndicales n'ont pas eu la même lecture du rapport Cotis, soulignant l'écart croissant entre les hauts salaires et les autres et dénonçant la forte progression des dividendes distribués aux actionnaires.

La CGT relève pour sa part le "niveau historiquement bas de la part des salaires dans la valeur ajoutée" par rapport aux années 1960. La centrale syndicale met elle aussi en avant "la forte croissance des profits distribués" et "l'explosion des plus hautes rémunérations avec pour contrepartie la précarité et une smicardisation pour une majorité de salariés".
Partageant le constat de ses homologues syndicaux, la CFDT demande au patronat d'ouvrir des négociations sur la gouvernance des entreprises afin de "parvenir à un meilleur équilibre dans le partage de la valeur ajoutée".

© Capital.fr (avec Reuters)


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05.04.2009

Crise économique, crise environnementale : deux raisons pour une relance verte, par Jonathon Porritt

Crise économique, crise environnementale : deux raisons pour une relance verte, par Jonathon Porritt
25 mars 2009

Déréglementation, mauvaise évaluation des risques, surconsommation financée par des traites tirées sur un avenir de plus en plus incertain. Le diagnostic semble clair. Mais sur quoi porte-t-il ? Car si ces caractéristiques s’appliquent d’évidence à une « économie casino » devenue folle, elles pourraient tout aussi bien décrire notre relation à l’environnement, écrit l’écologiste britannique Jonathon Porritt, ancien responsable des Amis de la Terre. Là aussi règne la même insouciance, et la consommation ne se soutient qu’au prix de la liquidation de notre capital commun : la terre. Rappelant l’avertissement que vient de lancer le premier conseiller scientifique du gouvernement anglais, qui met en garde contre la « tempête du siècle » environnementale, alimentaire et énergétique qui pourrait nous frapper aux alentours de 2030, Porritt réclame la mise en oeuvre de plans de relances massivement « verts », mettant l’accent sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, les réseaux énergétiques intelligents, les nouvelles solutions de transport, etc... qui permettraient le redémarrage économique tout en préparant le futur. Le message est adressé aux britanniques, mais il vaut pour tous.

Par Jonathon Porritt, The Guardian, 24 mars 2009

Une « tempête du siècle » sous forme de pénurie alimentaire, d’eau et de renchérissement de l’énergie frappera l’économie mondiale avant 2030, a averti la semaine dernière John Beddington, le conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique. L’accélération du changement climatique, associé à ce cocktail fatal provoquera des troubles, des conflits transfrontaliers et des migrations de masse - en d’autres termes, un effondrement économique et politique, auprès de quoi la récession économique actuelle semblerait mineure. Si je suis entièrement d’accord avec l’analyse de John Beddington, je crois cependant qu’il se trompe de calendrier. Cette « tempête du siècle » frappera bien plus près de 2020 que de 2030.

Il peut sembler mal venu - voire dénué de pitié, lorsque le chômage frappe deux millions de personnes au Royaume-Uni - d’inviter à se préoccuper d’un éventuel effondrement économique futur. Mais si nous voulons éviter cette récession ultime, pour laquelle il n’y aurait pas de redémarrage habituel dans les conditions normales des cycles d’expansion et de récession, nous devons alors commencer à penser à cette récession présente de manière complètement différente. Tant en termes d’analyse des causes sous-jacentes que des mesures correctives appropriées.

Concernant l’analyse, on semble ignorer le fait que les causes de l’effondrement économique sont exactement les mêmes que celles qui sont à l’oeuvre aujourd’hui derrière la crise écologique - et en particulier l’accélération du changement climatique. Comme le démontre Adair Turner dans le premier rapport publié en tant que président de la Financial Services Authority (FSA), l’obsession néo-libérale de la déréglementation a causé un tort incalculable aux marchés de capitaux. Mais on doit comprendre que la même ferveur dérèglementatrice a également causé des dommages à l’environnement dans le monde entier, depuis 20 ans ou plus.

C’est exactement la même chose lorsque l’on se penche sur les trois éléments qui ont rendu les marchés de capitaux aussi faussement porteurs : mauvaise évaluation du risque, mauvaise allocation du capital, et incitations contre productives. Aux effets catastrophiques sur les marchés correspondent les effets catastrophiques sur l’environnement.

Et puis il y a également la question de la dette. Les gouvernements ont systématiquement permis que s’empilent les dettes des ménages et de l’Etat (avec les folles bulles d’actifs du logement, de la terre et des bien) en souhaitant explicitement alimenter des niveaux élevés de croissance économique. Nous aurons tous à rembourser ces dettes durant les décennies à venir.

Sur le front environnemental, pendant que grossissaient les dettes financières, celles à l’égard de la nature faisaient de même - en termes d’épuisement insoutenable des ressources naturelles, tel que mesuré par la perte de la couche de terre arable, des forêts, de l’eau douce et de la biodiversité. Tout le monde sait qu’entretenir la consommation en liquidant son capital est une folie, mais personne ne semble savoir comment arrêter ce processus.

Il faut ici tirer une conclusion simple : les mêmes abus propre à un « capitalisme de casino », roulant sur la dette, qui ont provoqué l’effondrement de l’économie mondiale sont à l’oeuvre dans l’effondrement à venir des systèmes du vivant dont nous sommes tous tributaires en fin de compte.

Concernant les remèdes à mettre en oeuvre, le lien entre la récession actuelle et la tempête qui nous attend en 2020/30 ne saurait être plus clair : il faut traiter les calamités du jour en investissant dans les infrastructures et les technologies qui aideront demain à éviter d’infiniment pires calamités. En d’autres termes, lancer un énorme « plan de relance vert » proche de ce que nous voyons aux États-Unis, en Corée du Sud et dans d’autres pays européens, en se focalisant sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, les réseaux énergétiques intelligents, de nouvelles solutions de transport, etc... (...)

Les politiques nous servent fort mal en dissociant les mesures de redressement économique de ce qui doit être entrepris de toute urgence si l’on veut éviter les affres de l’accélération du changement climatique et le genre de « tempête du siècle » que le conseiller scientifique en chef estime inévitable - à moins que nous ne changions fondamentalement les règles du jeu de la croissance.

Sur le Web :

Biographie et site de Jonathon Porritt


Publication originale The Guardian, traduction par Contre Info