02.11.2009

Où est la troisième voie politique innovante ?

Tribune Ludovic Guinard : Responsables devant l’Histoire
 
Les actuelles réflexions d’alliances empêchent le renouveau démocratique, dans la mesure où il ne s'agit que de tractations qui ne sont qu’exercices d’appareils stériles et inaptes. Inaptes à offrir une alternance politique responsable, mais également inaptes à offrir une gouvernance soutenable.
 
Pourtant face à l’urgence et à la nécessaire modification du paradigme économique, destinée à tendre le plus rapidement possible vers une société soutenable, il est devenu indispensable de proposer une nouvelle gouvernance, à la fois humaniste et écologique.
 
De manière pragmatique, la grande majorité des électeurs des trois mouvements qu’étaient les verts (et autres mouvements écologistes), l’UDF, et CAP21, ajouté des centristes du PS, navigue depuis 2007 entre le Modem et Europe Ecologie. Présenter aux élections régionales des listes distinctes n’est qu’individualisme à courte vue. Mais plus encore une ineptie, car cela revient à multiplier les coûts de campagne, à réduire le nombre d’électeurs pour chaque partant, et assurément à réduire le nombre global d’électeurs rassemblés autour de cet humanisme écologique. Autant dire, que seuls des intérêts égocentriques peuvent conduire à de telles aberrations. Car au final, l'argent des contribuables et des adhérents sera dépensé en double pour deux campagnes distinctes, avec à cour sûr un score individuel divisé par deux, et donc un résultat global faible. Sont-ce là les comportements responsables et humbles dont la société de demain à besoin ?
 
De manière plus prospective, ce dont notre société à besoin, c'est d’équité, de modification des paradigmes et donc d’une offre cohérente apte à être mise en œuvre rapidement aux plus hauts niveaux de décisions. Force est de constater que ces mouvements n’ont pu sur les 15 dernières années convaincre séparément.
 
Ils ont aujourd’hui la responsabilité historique de créer cette troisième voie politique innovante qui seule peut conduire à une société soutenable, humaniste et écologique.
 
Il existe bien sûr des positions qui divergent. Ses divergences sont une richesse qu’il faudra exploiter, et éliminer celles de façades qui ne servent qu’à exister politiquement. Mais le concept voulant que l’on gouverne pour l’ensemble des français et non pas seulement pour ceux qui nous ont élu, commande de générer une offre politique d’avenir, c’est à dire répondant aux besoins les plus urgents et les plus réformateurs.
 
C’est la raison pour laquelle, bien plus que de défendre la constitution d’un pôle rassemblant les centristes et écologistes, j’affirme qu’il s’agit là de la seule alternative responsable. Toute autre option ne fait que mettre en exergue l’incapacité des politiques actuels à mettre en avant l’intérêt général plutôt que leur intérêt particulier. Il m’importe plus l’avènement d’un tel pôle, d’un tel renouveau démocratique, que d'amener tels ou tels à être en responsabilité. Devons nous donner notre confiance à ceux qui refusent de construire ce consensus vital ?
 
J’en appelle à la responsabilité de chacun. Le seul moyen de convaincre est donc pour chacun de renoncer à ses intérêts personnels et de tendre la main aux autres mouvements, car il s’agit au fond de tendre la main aux générations futures.
 
Je suis prêt, avec nombre de mes amis, à être ce pont entre les mouvements afin d’identifier ce qui, dans nos diagnostics et dans les solutions d’urgence à mettre en œuvre, est prioritaire et est donc supérieur à toutes autres considérations.
 
 
Ludovic GUINARD
 
Responsable CAP21 Aquitaine
 
Membre du Bureau National

29.10.2009

Daniel Cohn-Bendit critique les verts

NOUVELOBS.COM | 29.10.2009 | 08:18
Le leader écologiste reproche aux responsables Verts de contribuer "à l'échec collectif à structurer" le rassemblement Europe Ecologie en limitant l'ouverture.
 
Daniel Cohn-Bendit critique le comportement des Verts. (Reuters)
Daniel Cohn-Bendit a dénoncé l'attitude des Verts concernant le rassemblement Europe-Ecologie créé pour les Européennes autour des Verts et de personnalités non Vertes et jugé que leur comportement venait "renforcer notre échec collectif à structurer" le mouvement écologiste.
Dans un courriel envoyé mardi à des responsables des Verts et d'Europe-Ecologie que s'est procuré l'AFP, "Dany", en convalescence après une opération de la hanche, estime que "certains 'Verts' paniquent à l'idée de voir émerger une force organisationnelle concurrente".
"Ils tentent alors de redéfinir Europe-Ecologie à leur manière : 'oui à l'ouverture mais gérée, encadrée et limitée par nous les Verts'. Une attitude qu'illustre à merveille Jean-Vincent Placé (secrétaire national adjoint des Verts, ndlr) quand il se dit 'preneur' de toute proposition de candidat pour l'ouverture. Autrement dit, 'les Verts', personnifiés par Jean-Vincent Placé, 'prennent' et 'décident'", poursuit-il.

Difficultés pour rassembler

Pour "Dany", cette attitude "vient indubitablement renforcer notre échec collectif à structurer les comités locaux d'Europe-Ecologie", "à rassembler tant les personnalités que les non-encartés et à donner à la composante non-verte d'Europe-Ecologie une quelconque réalité organisationnelle".
Selon le leader écologiste, "le degré d'ouverture des listes régionales dépend donc essentiellement de deux facteurs : d'un côté de l'intelligence, de la lucidité et du bon-vouloir des Verts et, de l'autre, de la capacité argumentative du canal historique d'Europe-Ecologie" (Yannick Jadot, Jean-Paul Besset, Pascal Durand ou José Bové).

L'ovni Europe-Ecologie

"Quant à la secrétaire nationale des Verts, Cécile Duflot, elle est le point cardinal raisonnable et conscient de la nécessité d'une unité d''Europe Ecologie-Les Verts'", souligne le co-président des Verts au Parlement européen.
"Dany va finir par faire du mal au rassemblement en opposant Verts et non-Verts", déplore un Verts, proche de la direction.
Avant de mener le débat "difficile et fondamental sur l'avenir définitif de l'Ovni 'Europe Ecologie-les Verts'", "nous avons la responsabilité commune de mener à bien l'aventure des régionales autour de trois maximes : 'rassembler, ouvrir, se respecter'", écrit encore Daniel Cohn-Bendit.

(Nouvelobs.com avec AFP)
 

25.09.2009

Et si les écolos se voyaient trop beaux ?

Site Rue89 le 24 09

"Le carton d'Europe Ecologie aux européennes est loin d'être transposable aux régionales de 2010… et à la présidentielle.

 

« C'est le D-Day de l'écologie politique. » Ainsi parlait Daniel Cohn-Bendit au soir du 7 juin, saluant l'excellent score d'Europe Ecologie aux européennes (16,28%), à un cheveu d'un PS moribond (16,48%).

Les écologistes sont, depuis, l'objet de toutes les convoitises. Chaque parti cherche sa caution verte. Eux visent l'indépendance, persuadés que leur performance électorale peut désormais le leur permettre. Quitte à en faire un peu trop. Décryptage en trois élections.

La législative partielle des Yvelines

Dernière autosatisfaction en date : le premier tour de la législative partielle, ce dimanche dans les Yvelines. La candidate d'Europe Ecologie Anny Poursinoff (20,15 %) est arrivée derrière l'UMP Frédéric Poisson (43,94%) mais devant la PS Françoise Pelissolo (12,44%).

« La preuve que la parenthèse des européennes de juin n'est pas refermée », s'est exclamée Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts. Affirmation tempérée par Jean-Daniel Lévy, directeur d'études à l'institut CSA :

« Elle n'a pas tort sur le fond. Le soufflet d'Europe Ecologie n'est pas retombé, le PS n'a pas repris du poil de la bête et il y a toujours une préoccupation pour l'environnement qui est très forte dans la population.

Mais on ne peut pas faire d'une législative partielle un cas général, une preuve d'une modification profonde des équilibres politiques traditionnels. Il y a toujours des enjeux locaux : la candidate d'Europe Ecologie était très bien implantée et la gauche était divisée. »

 

Conseillère régionale, Anny Poursinoff bataillait en effet contre deux candidats qui revendiquaient le soutien du PS. Et plus des trois quarts des électeurs inscrits ne se sont pas déplacés…

Les régionales de 2010

« Cette élection [dans les Yvelines, ndlr] valide la stratégie d'autonomie pour les prochaines régionales », explique au Monde Cécile Duflot, qui devrait représenter son parti en Ile-de-France. Une stratégie décidée dès le lendemain des européennes.

Même si l'abstention devrait être beaucoup moins forte. Même si certains élus Verts, craignant pour leur réélection, se montrent moins enthousiastes. Même si l'UMP lance plusieurs ministres dans la bataille et rêve d'une gauche éclatée pour frapper fort dès le premier tour.

Le PS détenant 20 régions sur 22, les élus écologistes devront se démarquer de présidents socialistes. Ce qui ne va pas faciliter leur tâche, analyse Brice Teinturier, directeur général adjoint de TNS Sofres :

« La poussée écologiste n'est pas un feu de paille qui retombera à 6 ou 7%. Europe Ecologie devrait faire un bon score, mais ne devrait pas être dans la roue du PS.

Aux régionales, on élit un exécutif, la conscience d'élire une gouvernance est plus forte. La question de la capacité des écologistes à gouverner se posera d'autant plus fortement que les présidents socialistes sortants ont prouvé leur compétence en la matière, leur bilan est plutôt bon. »

 

Et, s'il ne faut pas négliger cette législative partielle, il ne faut pas non plus faire abstraction des dix autres scrutins partiels auxquels Europe Ecologie a participé depuis le 7 juin. Le Monde les a listés et il en ressort des résultats loin d'être aussi flatteurs :

  • Municipales
  • Perpignan (Pyrénées-Orientales) : 14,19% (avec le MoDem).
  • Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) : 8,52%.
  • Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône) : 11,31%.
  • Carcassonne (Aude) : 5,42%.
  • Cantonales
  • Saint-Maur (Val-de-Marne) : 13,8%.
  • Belin-Béliet (Gironde) : 9,52%.
  • Solliès-Pont (Var) : 15,71%.
  • Ginestas (Aude) : 5,41%.
  • Nice (Alpes-Maritimes) : 8,18%.
  • Limours (Essonne) : 7,4%.

La présidentielle de 2012

Une élection européenne annonce rarement le printemps des outsiders. La doublette Pasqua/Villiers peut en témoigner. Leur liste avait remporté 13,05% des suffrages en 1999, devant celle du RPR et de Démocratie libérale. Sans jamais confirmer lors d'une présidentielle.

Comme Europe Ecologie en juin, qui a bénéficié de la déconfiture du PS, le Rassemblement pour la France (RPF) avait alors capitalisé sur un RPR au fond du gouffre après la dissolution de l'Assemblée nationale et l'arrivée au pouvoir de la gauche deux ans plus tôt.

Le parti gaulliste avait su se redresser sous l'impulsion d'Alain Juppé puis de Nicolas Sarkozy. Le PS tente aujourd'hui d'en faire de même.

Sans compter que les écologistes risquent à l'avenir de souffrir d'un déficit de représentation, ce qui justement faisait leur force aux européennes, grâce à Daniel Cohn-Bendit, Eva Joly ou José Bové. Brice Teinturier décrypte :

« Ce qui est vrai pour les régionales l'est encore plus pour la présidentielle, car l'incarnation du pouvoir est encore plus forte. Il faut avoir un leader et pour l'instant il n'y a pas chez les écologistes quelqu'un qui s'impose. En termes de souhait, les Français désignent Nicolas Hulot et Daniel Cohn-Bendit… »

 

Après avoir reculé au dernier moment en 2007, Nicolas Hulot semble avoir renoncé à franchir le rubicon. Il n'a même pas souhaité soutenir explicitement Europe Ecologie aux européennes, au nom du principe de neutralité. Quant à Daniel Cohn-Bendit, il répète à qui veut l'entendre qu'il ne sera « pas candidat en 2012 ».

Les têtes du parti, elles, ne devraient pas remettre le couvert, après les 1,57% de Dominique Voynet en 2007. Cécile Duflot ou encore Yannick Jadot, député européen et ex-directeur des campagne de Greenpeace France, demeurent toutefois en embuscade, mais leur notoriété est loin d'être du même acabit. Deux personnalités émergentes qui, de plus, ne s'apprécient guère.

Enfin, il y a des frictions entre le mouvement Europe Ecologie et le parti des Verts, qui en est partie intégrante. L'alliance avec le MoDem, qui a opposé à la tribune Daniel Cohn-Bendit et Cécile Duflot lors de leurs journées d'été fin août à Nîmes, n'en est pas la moindre."