08.12.2009

Comment plomber la politique verte d'Obama en cinq leçons

Aujourd'hui un article de l'express :

Par Walid Berissoul (CFJ), publié le 07/12/2009 à 17:15

Pas simple de se débarrasser de l'héritage de George Bush: les lobbies industriels se sont mobilisés comme jamais pour affaiblir le plan énergie-climat du président Barack Obama. Revue des grandes manoeuvres.

Leçon n°1: mettre les moyens

Aux Etats-Unis, si il y a un secteur qui ne connaît pas la crise, c'est bien celui du lobbying. Selon le Center for Responsive politics, un groupe de recherche sur les finances publiques américaines, les dépenses en lobbying à Washington se sont élevées cette année à plus de 2,5 milliards de dollars, tous intérêts confondus.

Sur la question climatique, le lobbying "fossile" —qui regroupe les intérêts de l'industrie du gaz, du pétrole et du charbon— n'a pas lésiné sur les moyens, dès le l'arrivée de Barack Obama à la Maison-Blanche.

Ainsi, Exxon Mobil, l'un des plus gros groupes pétroliers au monde, a dépensé près de 14,9 millions de dollars durant les mois précédant l'arrivée du projet de loi sur le climat au Congrès, le 15 mai 2009. Selon l'institut londonien New Energy Finance, cette somme représente plus que le budget lobbying de l'ensemble des entreprises des énergies nouvelles, comme le solaire ou l'éolien.

Autant dire que la nouvelle industrie verte ne pèse pas bien lourd, malgré le soutien que lui apporte l'administration démocrate. En plus de l'hostilité des républicains envers cette loi sur le climat (qui doit encore être débattue en janvier 2010 au Sénat), la Maison-Blanche doit également affronter la très politisée Chambre de commerce américaine, plus grosse association d'entreprises du pays.

Leçon n°2: envahir la Chambre et le Sénat

De même que la réforme du système de la santé chère à Barack Obama, la politique environnementale des Etats-Unis —et donc sa position à Copenhague— se joue en grande partie dans deux lieux stratégique de la capitale: K Street, qui abrite la plupart des cabinets de lobbyistes, et Capitol Hill, où siègent le Sénat et la Chambre des représentants.

En mai, lorsque le projet de loi a été introduit au Congrès, le nombre de lobbyistes officiellement répertoriés auprès des parlementaires a explosé: selon le Center for Public integrity, une fondation américaine de journalisme d'investigation, ils étaient 2810 à envahir les couloirs de la Chambre, soit cinq lobbyistes pour un élu rien que pour ce sujet. Une inflation de près de 400% par rapport à la dernière bataille législative sur le climat, il y a six ans.

Leçon n°3: pratiquer l'obstruction

Le paquet énergie-climat a fini par être adopté au Congrès, mais il reste la ratification des Sénateurs et c'est une autre paire de manches. Début octobre, quelques jours à peine après l'arrivée du texte au Sénat, Carol Browner, première conseillère environnementale à la Maison-Blanche, a fait aveu de faiblesse: "On aurait sincèrement aimé que le processus ait pu être achevé, mais cela n'a pas pu se produire: il est improbable que le président Obama soit en mesure de ratifier une loi (sur le climat) d'ici au sommet de Copenhague, début décembre."

Même John Kerry, ancien candidat démocrate à la présidence et aujourd'hui l'un des plus fervents défenseurs d'une loi écolo au Sénat, n'attend pas une adoption par ses collègues avant le printemps prochain.

Pourquoi? Car c'est au Sénat, plus qu'au Congrès, que les lobbies peuvent jouer leur carte: chaque Etat compte à égalité, et, pour l'emporter, les démocrates ont besoin d'obtenir 60 voix sur un total de 100. De la même manière que pour la réforme du système de santé, la défection d'un seul élu démocrate pourrait provoquer le rejet du texte sur le climat.

Selon le site d'informations environnementalesE&E Daily, 41 sénateurs comptent pour l'heure voter "oui", ou "probablement oui", et 27 se disent encore "indécis". Parmi ces derniers, certains auraient reçu ces vingt dernières années près de 20 millions de dollars en donations pour leurs campagnes de la part de groupes énergétiques, agricoles ou de transport, d'après le site Climate Wire.

Leçon n°4: mobiliser l'opinion

Dans les couloirs et les salons feutrés de Capitol Hill, les lobbyistes sont là pour rappeler tous les jours aux édiles que leurs électeurs les attendent au tournant. Comment? En menant des campagnes de terrain à travers tout le pays pour expliquer aux Américains combien une loi engageant les Etats-Unis à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre pourrait nuire aux emplois et augmenter les impôts.

Dans les oreilles des Américains, bien plus angoissés par la crise économique que par les enjeux climatiques planétaires, l'argument fait mouche. Objectif: mettre le paquet sur les Etats qui pourraient basculer lors du vote au Sénat. Cet été par exemple, les habitants de Pennsylvanie, du Montana ou du Nebraska ont vu débarquer le "Hot Air Tour", une tournée anti-loi climatique en ballon gonflable menée par l'organisation Americans for Prosperity. Le message est clair: "L'alarmisme sur le réchauffement climatique entraîne chômage, hausse des impôts et moins de libertés." Derrière cette campagne, les frères David et Charles Koch, propriétaires de Koch Industries, deuxième conglomérat pétrolier américain, qui a dépensé cette année plus de 4 millions de dollars en lobbying.

Leçon n°5: s'immiscer dans le débat scientifique

Le pays d'Al Gore, prix Nobel de la Paix 2007 pour avoir éveillé les consciences, est aussi celui de la contestation des bases scientifiques du réchauffement climatique.

Dernier exemple en date: cet été, deux figures du lobby pétrolier, H. Leighton Steward et Corbin J. Robertson Jr, ont financé à hauteur de 1 million de dollars une campagne de publicité en faveur du CO2, à voir ci-dessous.

Aux Etats-Unis, il existe des dizaines de think tanks spécialisés dans la "négation" du réchauffement climatique. Leur cible privilégiée? Les conclusions du Giec, le Groupe de recherche intergouvernemental sur l'évolution du climat. L'American Enterprise Institute, par exemple, a lancé l'an dernier une campagne de recrutement d'experts payés pour contester les travaux du Giec.

Malgré cette pression, les grandes sociétés savantes américaines ont adopté la position du Giec. Mi-novembre, l'American Physical society (APS), qui regroupe 47 000 physiciens, a rejeté "massivement" la demande de certains de ses membres de revoir sa position officielle sur le réchauffement climatique. Pas facile pour un lobbyiste de peser réellement sur le débat scientifique... même si ce n'est pas l'essentiel: les chercheurs ne votent pas les lois.

Cet article fait partie de notre enquête participative sur le poids des lobbies à Copenhague, menée avec les étudiants du CFJ. Vous pouvez la suivre, et y participer, en commentant notre journal de bord.

05.11.2009

Copenhague: pression américaine

Les Etats-Unis  préviennent qu'ils ne s'engageraient pas à réduire leurs émissions de gaz à effet de serres sans que les économies émergentes en fassent autant.C'est donc le blocage qui laisse peu d'espoir avant l'ouverture du sommet de Copenhague sur le climat.

Pourtant l'Inde commence à prendre des mesures importantes pour la première fois mais Todd Stern, l'émissaire américain pour le climat, explique  lors d'une audition devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants. selon la Tribune:

"Le point sur lequel nous ne sommes pas d'accord est que nous devrions nous engager à mettre en oeuvre ce que nous avons promis de faire tandis que des grandes nations en développement ne prennent aucun engagement", ...,"Nous n'acceptons pas non plus le fait que seules les actions prises par les pays développés pour réduire leurs émissions carboniques (CO2) soient soumises à un régime transparent et rigoureux de contrôle (...) sans que les grandes économies émergentes n'y soient aussi contraintes sauf si ces contrôles sont pris en charge par les nations développées", a-t-il poursuivi.

"Cette mentalité ne débouchera pas sur un accord à Copenhague" en décembre, a-t-il mis en garde. "Nous ne pouvons pas résoudre le problème sans des mesures majeures des pays aux économies émergentes (...) et aucun pays ne tient entre ses mains le destin de la planète autant que la Chine".

02.11.2009

A propos du Conseil des Chefs d'Etat et de Gouvernement: 100 millions d'euros d'ici 2020

Deux positions celle de la Présidence et communiqué de Corinne Lepage

Conclusions de la Présidence du Conseil européen - Bruxelles, 29 et 30 octobre 2009

http://www.consilium.europa.eu/uedocs/cms_data/docs/press...

 II. Changement climatique

publication: 15265/09

"...

4. Le changement climatique est plus rapide que prévu et les risques qu'il comporte sont déjà

visibles. Nous assistons à une fonte massive des glaces, à une élévation du niveau de la mer

à l'échelle de la planète et à des inondations, des sécheresses et des vagues de chaleur dont la

fréquence, l'intensité et la durée augmentent.

5. À quelques semaines de la conférence de Copenhague, l'Union européenne est plus que

jamais fermement déterminée à jouer un rôle moteur et à contribuer à un accord mondial

global et ambitieux. Il faut que toutes les parties aux négociations impriment un nouvel élan

au processus et que le rythme des négociations s'accélère.

6. L'accord de Copenhague doit inclure des dispositions concernant l'objectif des 2°C, des

engagements ambitieux de la part des pays développés en matière de réduction des émissions,

des mesures d'atténuation appropriées à prendre dans les pays en développement, ainsi que

l'adaptation, les technologies et un arrangement sur le financement, comme indiqué ci-après.

Le Conseil européen souligne la nécessité de disposer, à partir du 1er janvier 2013, d'un accord

juridiquement contraignant qui s'appuie sur le protocole de Kyoto et en intègre tous les

éléments essentiels. Le Conseil européen estime en outre que tous les pays, y compris ceux

qui ne sont pas actuellement liés par le protocole de Kyoto, devraient agir immédiatement.

7. Le Conseil européen appelle toutes les parties à souscrire à l'objectif des 2°C et à convenir de

réductions des émissions mondiales d'au moins 50% et, dans le cadre de ces réductions des

émissions mondiales, de réductions cumulées des émissions dans les pays développés

d'au moins 80 à 95% d'ici 2050, par rapport aux niveaux atteints en 1990; ces objectifs

devraient à la fois représenter l'idéal à atteindre et servir de référence pour fixer des objectifs à

moyen terme, qui feraient l'objet d'une évaluation scientifique périodique. Dans le cadre des

réductions qui, selon le GIEC, devraient être réalisées collectivement par les pays développés,

il appuie l'objectif de l'UE de diminuer les émissions de 80 à 95% d'ici 2050, par rapport aux

niveaux atteints en 1990.

8. L'Union européenne est à la pointe des efforts déployés pour lutter contre le changement

climatique. Elle est résolue à adopter une décision visant à porter à 30% la réduction des

émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020 par rapport à 1990, à titre d'offre conditionnelle en

vue d'un accord mondial global pour l'après-2012, pour autant que d'autres pays développés

s'engagent à atteindre des réductions d'émissions comparables et que les pays en

développement apportent une contribution adaptée à leurs responsabilités et à leurs capacités

respectives.

9. L'action isolée de l'Union européenne ne pourra pas suffire. Un accord global et ambitieux ne

peut être dégagé que si toutes les parties contribuent au processus. D'autres pays développés

devraient aussi faire la démonstration de leur rôle moteur en s'engageant à réaliser

d'ambitieuses réductions de leurs émissions et en revoyant à la hausse leurs engagements

actuels. Les pays en développement, et en particulier ceux qui sont le plus avancés, devraient

s'engager à prendre des mesures d'atténuation appropriées, qui correspondent à leurs

responsabilités communes mais différenciées et à leurs capacités respectives. Le Conseil

européen souligne qu'il convient que les actions d'atténuation soient mesurées, notifiées et

vérifiées dans tous les pays.

10. L'adaptation est un élément nécessaire, qui doit être abordé de manière exhaustive dans tout

accord conclu à Copenhague. Le Conseil européen rappelle la proposition d'établir dans cet

accord un cadre d'action sur l'adaptation au changement climatique. Il souligne la nécessité

d'accroître le soutien aux mesures d'adaptation dans les pays en développement, jusqu'en 2012

et au-delà, en se concentrant sur les pays et les régions qui sont particulièrement vulnérables

aux effets néfastes du changement climatique.

11. Le Conseil européen souligne qu'il importe de prévoir des mesures d'incitation pour faire

participer le secteur privé à la coopération technologique. Il convient de renforcer

considérablement la R&D, de fixer des objectifs au niveau mondial dans le domaine

technologique et de diffuser des technologies sûres et durables.
 

12. Un arrangement sur le financement constituera un volet essentiel de tout accord conclu à

Copenhague. Il est nécessaire d'accroître de façon progressive, mais significative, les flux

financiers supplémentaires, tant publics que privés, afin d'aider les pays en développement à

mettre en oeuvre des stratégies ambitieuses en matière d'atténuation et d'adaptation.

13. L'UE est prête à assumer sa part de l'effort mondial en fixant un objectif d'atténuation

ambitieux, en prévoyant la possibilité de compensations et en contribuant équitablement au

soutien public. Le Conseil européen est d'accord avec l'estimation réalisée par la Commission,

selon laquelle le surcoût net total de l'atténuation et de l'adaptation pourrait s'élever, pour les

pays en développement, à quelque 100 milliards d'euros par an d'ici 2020, à financer en partie

par les propres efforts de ces pays, en partie par le marché international du carbone et

en partie par le financement public international.

14. On estime que le niveau global du soutien public international nécessaire se situe dans une

fourchette allant de 22 à 50 milliards d'euros par an d'ici 2020, sous réserve d'une répartition

équitable de l'effort au niveau mondial, conformément à la clé de répartition qui sera

approuvée par les parties, d'un système de gouvernance et d'un mode d'exécution axé sur des

actions spécifiques en matière d'atténuation et des stratégies ambitieuses de développement

sobre en carbone/des plans ambitieux de croissance sobre en carbone. Cette fourchette

pourrait être réduite en prévision du sommet de Copenhague.

15. Un cadre institutionnel efficace en matière de gouvernance doit être élaboré en amont du

financement. Le Conseil européen appuie la mise en place d'un forum ou d'une instance de

haut niveau qui serait créé sous l'égide de la CCNUCC et chargé, entre autres, de fournir une

vue d'ensemble des sources internationales de financement de la lutte contre le changement

climatique dans les pays en développement.

16. Tous les pays, à l'exception des moins développés, devraient contribuer au financement public

international sur la base d'une clé de répartition globale et mondiale fondée sur les niveaux

d'émission et sur le PIB afin de tenir compte à la fois de la responsabilité à l'égard des

émissions au niveau mondial et de la capacité contributive, un poids considérable étant

attribué aux niveaux d'émission. Le poids des niveaux d'émission devrait augmenter au fil du

temps pour tenir compte des adaptations des économies. L'UE et ses États membres sont prêts

à assumer la part du financement public international qui leur serait équitablement assignée.

17. Le Conseil européen souligne qu'un financement public international à mise en oeuvre rapide

est important dans le cadre d'un accord de Copenhague global, équilibré et ambitieux.

L'objectif devrait consister à élaborer des mesures efficaces à moyen et à long terme et à

éviter que l'adoption d'actions ambitieuses soit retardée, un accent tout particulier étant mis

sur les pays les moins avancés. Prenant acte de l'estimation de la Commission selon laquelle

un financement global de 5 à 7 milliards d'euros par an sera nécessaire au cours des trois

premières années suivant la conclusion d'un accord ambitieux à Copenhague, le Conseil

européen souligne qu'un chiffre sera fixé en fonction des résultats de la conférence

de Copenhague. L'UE et ses États membres, dans ce contexte, sont prêts à assumer leur part

de ces coûts. Le Conseil européen souligne que cette contribution sera subordonnée à la

réalisation d'efforts comparables par d'autres acteurs clés.

18. Le Conseil européen note qu'une grande quantité d'unités de quantité attribuée (UQA)

inutilisées pourrait s'accumuler durant l'actuelle période d'engagement au titre du protocole

de Kyoto. Cette question doit être traitée d'une façon non discriminatoire, selon un principe

d'égalité entre pays européens et pays non européens, et de sorte que la gestion du surplus

d'UQA n'affecte pas l'intégrité environnementale de tout accord conclu à Copenhague.

19. Le financement privé sera stimulé par la mise en place d'un vaste marché liquide du carbone

reposant sur des systèmes solides de plafonnement et d'échange dans les pays développés, un

mécanisme pour un développement propre (MDP) révisé et des mécanismes sectoriels de

crédit et d'échange relatifs aux mesures prises dans les pays en développement.

20. Le Conseil européen souligne le rôle que doivent jouer les mesures d'atténuation en matière

d'utilisation des terres, de changement d'affectation des terres et de foresterie, notamment par

la mise en place de mesures incitatives favorisant une réduction de la déforestation et de la

dégradation des forêts ainsi qu'une gestion durable de celles-ci dans les pays en

développement. Il convient d'instituer un mécanisme fondé sur les résultats qui prenne en

considération les réductions d'émissions vérifiées.

21. Le Conseil européen rappelle que le risque de fuite de carbone est analysé et pris en compte

dans la nouvelle directive concernant le système d'échange de quotas d'émission de gaz à effet

de serre (directive 2009/29/CE), de sorte que, pour préserver l'intégrité environnementale des

politiques de l'UE, en fonction du résultat des négociations internationales et des réductions

des émissions mondiales de gaz à effet de serre qui pourraient en découler, il est possible

d'envisager des mesures adéquates, dans le respect des règles du commerce international.

La conclusion d'un accord international ambitieux reste la meilleure façon de traiter cette

question.

22. Le Conseil européen prend note du projet de décision de la Commission comportant une liste

des secteurs et sous-secteurs considérés comme exposés à un risque important de fuite de

carbone en fonction des critères fixés dans la nouvelle directive concernant le système

d'échange de quotas d'émission de gaz à effet de serre (directive 2009/29/CE). Il note qu'il est

possible d'ajouter un secteur ou un sous-secteur à la liste sur la base de nouvelles

informations, s'il répond aux critères pertinents. La liste sera réexaminée à la lumière des

résultats des négociations internationales sur le changement climatique.

23. Parallèlement à l'apport de fonds pour financer la lutte contre le changement climatique,

l'ensemble des parties au niveau international devraient s'engager à ce que ce financement ne

compromette pas la lutte contre la pauvreté ni l'accomplissement de nouveaux progrès dans la

réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Des modes de financement

novateurs peuvent aider à assurer des flux de financement prévisibles en faveur du

développement durable, en particulier au profit des pays les plus pauvres et les plus

vulnérables.

24. Le Conseil européen fait siennes les conclusions adoptées par le Conseil le 21 octobre 2009

(doc. 14790/09), qui, associées aux présentes conclusions du Conseil européen et aux lignes

directrices figurant en annexe, confèrent à l'Union une solide position de négociation, ce qui

lui permettra de jouer un rôle constructif pendant la phase finale du processus de négociation,

en particulier sur des questions clés telles que le financement, le transfert de technologies,

l'adaptation, l'atténuation du changement climatique et la bonne gouvernance.

25. Le Conseil européen invite la présidence à prendre les mesures nécessaires au maintien d'une

position de négociation ferme tout au long du processus et réexaminera la situation lors de sa

réunion de décembre afin de prendre les décisions nécessaires à la lumière des premières

phases de la conférence de Copenhague. "...

 

 

 

 

 

 

communiqué presse, le 30 octobre 2009
 
Corinne Lepage, 1ère vice-présidente de la commission Environnement du Parlement européen, exprime sa déception à l'issue du Sommet européen, qui a abordé la question du financement de la lutte contre le changement climatique.
 
On ne peut que regretter cette position frileuse qui rendra difficile une attitude offensive de l’Europe à Copenhague même s’il est vrai que l’UE ne peut être seule à porter le fardeau. L’attitude des Etats-Unis et de la Russie est à ce jour clairement  irresponsable.
 
Les tactiques dilatoires des gouvernements européens sur la question des finances sont incompatibles vis à vis de l'enjeu climatique auquel nous sommes confrontés, et pour lequel l'Europe a une grande part de responsabilité. L'Union Européenne doit cesser de se cacher derrière les Etats-Unis et la Chine. Elle devra mettre ses cartes sur la table dès le début des négociations à Copenhague si elle veut continuer à prétendre qu'elle est à la pointe du combat contre le changement climatique.
 
L'Union Européenne devrait s'engager à fournir au moins 30 milliards d'euros par an d'ici 2020 aux pays en développement,  en plus de l'aide publique au développement. D'ici à 2012 et l'entrée en vigueur d'un nouvel accord international, l'UE devrait aussi mobiliser un financement précoce pour les pays en développement de 5 à 7 milliards d'euros par an. Les chefs d'Etat réunis à Bruxelles ont exprimé leur accord avec l'estimation des besoins de financement des pays en développement pour la lutte contre le changement climatique réalisée par la Commission européenne, qui évalue ce besoin à quelques 100 milliards d'euros par an d'ici à 2020.
 
Par ailleurs certains pays (comme la Russie et l'Ukraine) veulent conserver leurs surplus de droits à polluer ("air chaud") issus du Protocole de Kyoto, et estimés à 90 milliards d'euros. Un tel transfert rendrait le marché carbone inefficace. Les surplus de droits à polluer de l'ancien bloc de l'Est sont dangereux pour l'intégrité du marché carbone. Ces Etats doivent aussi assumer leur responsabilité historique, comme le reste de l'Union européenne.
 

Le financement de la lutte contre le changement climatique s'elevera à 100 millions d'euros  d'ici 2020

C'est la somme que les pays industrialisés, coupables historiques du réchauffement climatique, sont prêts à verser pour aider les pays pauvres à prendre les mesures face au changement climatique.

01.11.2009

7 clés pour comprendre le sommet de Copenhague

publié par http://www.greenzer.fr/cles-pour-comprendre-sommet-de-cop...

Source : Ministère des Affaires étrangères du Danemark : www.cop15.dk.

La conférence des Nations Unies sur le changement climatique, ou sommet de Copenhague, se tiendra du 7 au 18 décembre 2009 dans la capitale danoise. A quelques semaines de ce sommet, une petite révision des enjeux de la COP15, considérée comme cruciale pour l’avenir de la planète, s’impose…

1. Quel est l’objectif du sommet de Copenhague ?

Remplacer le traité de Kyoto qui expire fin 2012. Ce traité international de lutte contre les changements climatiques avait été ratifié par 175 pays et était entré en vigueur en 2005. Il prévoyait une réduction des émissions de gaz à effet de serre par les pays industrialisés d’au moins 5,2 % d’ici à 2012 par rapport aux taux de 1990. L’accord de Copenhague, lui, devrait couvrir la période 2013-2017. Il sera la conclusion de deux années de négociations en vue d’un nouveau traité mondial visant à corriger les causes et les conséquences des émissions de gaz à effet de serre (GES).

2. Pourquoi l’appelle-t-on aussi COP15 ?

COP signifie Conférence des parties. La première, à Berlin, en 1995, a débouché sur le Mandat de Berlin. Puis se sont succédé treize autres conférences internationales. La dernière en date, à Bali en 2007, a abouti à une prise de conscience de l’urgence du réchauffement climatique, suite à un rapport alarmiste du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental des Nations Unies sur l’évolution du climat). Ce dernier soulignait que le risque que les activités humaines modifient l’environnement de la Terre était bien réel.

3. Qu’est-ce que la CCNUCC ?

CCNUCC signifie Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques. Elle a été signée lors du sommet Planète Terre à Rio de Janeiro en 1992. Depuis, 192 pays, dont les Etats-Unis, l’ont ratifiée. Son objectif premier est de parvenir à stabiliser les concentrations de gaz à effet de serre dans l’atmosphère à un niveau qui empêche toute perturbation dangereuse du système climatique. Les Conférences des parties, qui se déroulent chaque année avec ces pays signataires, ont pour but de mettre en œuvre les objectifs de cette convention cadre.

4. Quels seront les thèmes abordés à Copenhague ?

Le changement climatique sera au cœur des discussions avec une question essentielle : quels objectifs se fixe-t-on dans en ce qui concerne la réduction des gaz à effets de serre ? Avec une question sous-jacente : faut-il également fixer des objectifs à court et moyen terme ? Autre sujet abordé : comment aider les pays en voie de développement dans leurs politiques climatiques ? Enfin, la question de la déforestation sera également au cœur des débats, tout comme les mesures à adopter face aux entreprises très consommatrices d’énergie et qui délocalisent dans les pays en voie de développement.

5. Quelle est la position des pays en développement sur ce sujet ?

Les émissions de gaz à effet de serre sont principalement dues à l’accélération de l’industrialisation des économies occidentales. Or les premières victimes de ce réchauffement climatique seront les pays en développement, plus vulnérables et moins armés pour faire face à la situation. Ils réclament donc un soutien financier de la part des pays riches pour financer des programmes de réduction des émissions de carbone et d’adaptation aux conséquences du changement climatique.

6. Pourquoi ce sommet est-il aussi important ?

Parce que l’urgence climatique est bien réelle, et que les politiques en ont pris conscience. Les concentrations des gaz à effet de serre ont atteint des sommets. Selon les spécialistes, si l’utilisation des énergies fossiles et la déforestation se poursuivent à ce rythme, les températures pourraient être de 5°C supérieures à celles de la période préindustrielle. Avec toutes les conséquences que le réchauffement climatique implique : multiplication de phénomènes météo extrêmes (inondations, sécheresse…), élévation du niveau des océan, engloutissement de terres, multiplication des conflits…

7. Pourquoi certains sont-ils pessimistes sur l’issue de ce sommet ?

Parce que les désaccords persistent. Les pays industrialisés ne parviennent pas à se mettre d’accord sur des objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Le désaccord existe aussi entre les pays développés et les pays en développement. Aucun engagement n’a encore été pris sur le financement de la lutte contre le réchauffement planétaire. Le ministre britannique des Affaires étrangères n’a pas hésité à parler de « danger réel » d’échec. Janos Pasztor, responsable des questions de climat aux Nations Unies, a, lui, reconnu le 26 octobre que « La question des changements climatiques ne va pas être résolue à Copenhague. Nous avons toujours su cela : c’est un processus de long terme qui va prendre des années, voire des décennies. »

Les mécanismes de flexibilité du Protocole de Kyoto

Les mécanismes de flexibilité comptent parmi les points principaux du Protocole de Kyoto et ont fait l’objet de nombreux débats, mais lors de la COP7 à Marrakech en 2001 un accord a été obtenu sur leur forme définitive. Les mécanismes sont flexibles en ce sens qu’ils ont pour but de compléter les mesures de réduction des émissions de CO2 prises par les pays ou les entreprises. La question de savoir où sur la planète les réductions doivent avoir lieu n’a pas de pertinence pour le climat, et les mécanismes de flexibilité permettent de tirer parti de ce fait. Grâce à ces mécanismes, les entreprises et pays peuvent choisir de réduire leurs émissions de CO2 là où cette réduction présente le meilleur rapport efficacité-coût, par exemple dans un pays en développement. Ce système permet également un transfert de technologies, de financements et de compétences vers les pays en développement.

Le Protocole de Kyoto prévoit la mise en place de trois mécanismes de flexibilité :

Le système international d’échange de droits d’émission : cette disposition permet aux 37 pays qui ont pris des engagements quantifiés pour limiter leurs émissions de gaz à effet de serre au titre du Protocole de Kyoto d’échanger entre eux des droits d’émissions. Un pays qui dispose d’un excès de ces « quotas de CO2 » après avoir adopté une forme d’énergie plus propre peut ainsi vendre ces quotas à un autre pays.

Le mécanisme pour un développement propre et la mise en œuvre conjointe :

Les mécanismes pour un développement propre (MDP) et de mise en œuvre conjointe (MOC) visent à réduire l’émission de gaz à effet de serre dans le cadre de projets spécifiques, et à favoriser dans le même temps les initiatives en faveur du climat et du développement durable dans les pays en développement. Ces projets génèrent des crédits d’émissions correspondant à la réduction des gaz à effet de serre obtenue par le projet. Le pays qui accueille un projet MDP ou MOC peut vendre les crédits obtenus à des entreprises ou des pays industrialisés qui peuvent utiliser ces crédits pour compléter leurs initiatives mises en œuvre au niveau national ou au sein de l’entreprise.

Un crédit correspond à une tonne d’émissions de CO2. Les crédits MDP sont générés par des réductions sur la base de projets spécifiques réalisés dans des pays n’ayant aucune obligation de réduction au titre du Protocole de Kyoto. Ces projets sont menés dans les pays en développement. Les crédits MOC sont générés par des réductions sur la base de projets spécifiques réalisés dans des pays qui se sont engagés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre en vertu du Protocole de Kyoto. Ces projets sont principalement menés en Europe de l’Est et en Russie.

A l’été 2008, un peu plus de 1 100 projets issus du mécanisme pour un développement propre avaient été validés. Au total, ces projets représentent des réductions des émissions de gaz à effet de serre à hauteur d’environ 220 millions de tonnes d’équivalent CO2 par an. Le secrétariat de la CCNUCC prévoit le lancement entre 2008 et 2012 de projets MDP pour un total de 2,7 milliards de tonnes d’équivalent CO2. Les projets de mise en œuvre conjointe ont été moins nombreux, et 22 projets avaient ainsi été validés à la date d’octobre 2008

29.10.2009

Conférence de Copenhague et le Parlement européen

Communiqué du Parlement européen le 28 10 09

Courant décembre, le monde entier se retrouvera à Copenhague pour décider d'un accord global pour lutter contre le changement climatique. L'Union européenne a déjà adopté son paquet « climat-énergie ». Elle cherche aujourd'hui à se mettre d'accord pour parler d'une seule voix et peser dans les négociations. Le Parlement européen, de son côté, met tout son poids diplomatique dans la balance. Cette semaine, des députés européens rencontrent leurs homologues à Washington.

La position commune des 27 pour la Conférence de Copenhague pourrait être arrêtée lors du sommet européen des 29 et 30 octobre. Les députés européens espèrent que les chefs d'Etat et de gouvernement décideront d'une position ambitieuse, permettant à l'Europe de jouer un rôle moteur dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre et son financement au niveau mondial.


« Il serait désastreux d'aller à Copenhague sans position commune sur le partage des coûts et le financement de la lutte contre le changement climatique dans les pays en voie de développement », a ainsi déclaré Jo Leinen, président de la commission de l'environnement du Parlement européen.


Le Parlement européen lance tout son poids dans la bataille


Par-delà les frontières de l'Union européenne, les députés européens cherchent également à convaincre leurs partenaires du bien-fondé de cette conférence et de son importance. Une délégation des commissions de l'environnement et de l'industrie rencontre en ce moment ses homologues à Washington. Les députés européens demandent à Barack Obama de respecter ses engagements de campagne électorale de fixer des objectifs contraignants.


Par ailleurs, ils ont salué la décision des Japonais de réduire leurs émissions de  25 % d'ici à 2020 et attendent des engagements clairs de la part de la Chine, de l'Inde et du Brésil.


En décembre, les principaux acteurs de la Conférence de Copenhague seront les Etats… mais le Parlement européen espère y avoir son mot à dire. Il y enverra une délégation de 15 députés qui, disposant d'un statut d'observateurs, tenteront de faire entendre sa voix. Sans compter une cinquantaine de députés qui s'y rendront aux frais de leurs groupes politiques ou à leurs propres frais. Gare aux embouteillages à Copenhague…


 
REF. : 20091023STO63120

19.07.2009

Corinne Lepage élue première vice-présidente

Corinne Lepage élue première vice-présidente de la commission ENVI à Strasbourg
Corinne Lepage a été élue, jeudi 16 juillet à Strasbourg, première vice-présidente de la « Commission environnement, santé publique et sécurité alimentaire (ENVI) » qui est l’une des plus importantes et des plus actives du Parlement européen. Elle est également membre suppléante de la commission ITRE (Industrie, Recherche et Energie).

A l’issue de cette élection, Corinne Lepage s’est déclarée « honorée et enthousiaste » et a précisé qu’ « à quelques mois du sommet de Copenhague, le rôle de cette commission apparaissait d’une importance considérable sur l’élaboration de la politique de l’UE en matière de lutte contre le réchauffement climatique». Elle « mettra tout mettre en œuvre pour contribuer à ce que l’économie verte soit le moteur de la construction d’une Europe soutenable ». Corinne Lepage souhaite également « débourber la directive sol ».

Corinne Lepage s’est, par ailleurs « réjouie de travailler avec le Président Jo Leinen » qu’elle a connu dans d’autres temps alors qu’il était Ministre de l’environnement de la Sarre. Elle avait alors défendu la Sarre devant la Cour de Justice des Communautés Européennes. Elle s’est déclarée également « heureuse d’y retrouver Chris Davis qui sera le coordonnateur ADLE pour cette commission ».

Communiqué de presse
Strasbourg, le 16 juillet 2009.

02.06.2009

Directive cadre européenne sur l’eau

"Citoyens écoutés...citoyens entendus ?

Article de la Fédération Nature Environnement

[29.05.2009] [Général, Eau Du 15 avril au 15 octobre 2008, nos concitoyens étaient consultés sur la future politique de l'eau. Passée inaperçue au niveau national, cette consultation était pourtant imposée par une directive européenne, la Directive Cadre sur l'Eau (DCE). Temps fort de la mise en œuvre de cette directive, cette consultation constitue une étape essentielle dans le processus de révision des Schéma Directeurs d'Aménagement et de Gestion des Eaux (SDAGE). Alors que le MEEDDAT et les Agences de l’eau rendent public les résultats, FNE, fortement impliquée dans cette démarche participative, souhaite également publier son bilan .

Les citoyens réclament des objectifs plus ambitieux

La consultation de 2008 a montré une participation du public plus importante qu’à l’occasion de celle du même genre organisée en 2005 : : au total, près de 410 000 réponses, représentant 1,48% de la population, soit une hausse de 84% par rapport à 2005. De manière générale, la population a demandé l’élaboration d’objectifs environnementaux plus ambitieux pour préserver et restaurer la ressource en eau et les milieux aquatiques. Sont particulièrement montrés du doigt les pollutions agricoles et la non application du principe pollueur-payeur…

Une forte implication des associations

Les associations se sont particulièrement investies dans la démarche, auprès du public, par des actions de communication, d'information, de sensibilisation : conférences-débats, stands lors d'événements ponctuels, expositions… Plus de 60 associations affiliées à FNE ont mené près de 400 actions sur une grande partie du territoire et ont ainsi contribué à la distribution de près de 15 000 questionnaires ! Quelle est la plus-value de ces actions d’accompagnement réalisées par les associations ? L’instauration d’une culture de l’eau par des informations en continu, une meilleure compréhension et appropriation des enjeux, une meilleure explication des questionnaires, pour une participation éclairée des citoyens.

Un manque de communication des institutions

Même si 1.48% de réponse au niveau national est, d'un point de vue statistique plutôt satisfaisant, FNE ne peut se satisfaire d’une timide campagne de communication nationale autour de cet événement. Au niveau des bassins, des efforts importants ont été réalisés par rapport à 2005, mais ils ne pouvaient à eux seuls lancer une campagne d’ampleur nationale qui ne pouvait être que gouvernementale. Comment sensibiliser la population sur un sujet aussi important que la préservation de notre ressource vitale qu'est l'eau, sans un appui national digne de ce nom ?

Et après ?

Le mouvement FNE milite maintenant pour que les demandes du public soient réellement prises en compte et qu’elles contribuent à améliorer les projets de SDAGE. Une dernière consultation, achevée le 5 mai, a été menée auprès des Assemblées telles que les Conseil Régionaux et Généraux ou les Chambres d'agriculture a été organisée. FNE et ses associations se sont une nouvelle fois mobilisées pour être auditionnées et faire entendre leur voix auprès de ces acteurs !

Ne reste maintenant plus que 5 mois pour donner du corps aux textes…

Pour Bernard Rousseau, responsable des politiques Eau de FNE : « Cet exercice de démocratie participative à travers ces différentes consultations est essentiel… L’enjeu est de taille et nous sommes dans la dernière ligne droite ! En effet, l'arbitrage final est entre les mains des Comités de bassin pour l’écriture définitive et la validation des SDAGE. Ceux-ci s’appliqueront dès 2010 pour une durée de 6 ans. Les avis du public devront percoler dans ces SDAGE si l’on ne veut pas voir s’essouffler cet élan citoyen ! »"

25.05.2009

Grenelle des Ondes

Le Point du 25 05

Article

 

"Le "Grenelle des ondes", qui réunit des représentants de l'État, des associations, des opérateurs et des élus, s'est prononcé lundi pour l'interdiction de l'usage du portable à l'école primaire, lors d'une conférence de presse à l'issue de sa table ronde finale. Cette mesure est aujourd'hui du ressort de chaque établissement.

Parmi les dix orientations de la table ronde sur les radiofréquences retenues lundi par le gouvernement figure par ailleurs la "proposition d'une offre de SMS exclusive sans service voix" et la mise au point de téléphones mobiles "rendant l'usage de l'oreillette indispensable" (sans haut-parleur).

En ce qui concerne les antennes-relais, la ministre Roselyne Bachelot (Santé)et les secrétaires d'État Nathalie Kosciusko-Morizet (économie numérique) et Chantal Jouanno (écologie) ont retenu "le lancement de modélisations sur ordinateur" des émissions, suivies "le cas échéant d'expérimentations dans des villes volontaires d'une modification des seuils". "

05.04.2009

Crise économique, crise environnementale : deux raisons pour une relance verte, par Jonathon Porritt

Crise économique, crise environnementale : deux raisons pour une relance verte, par Jonathon Porritt
25 mars 2009

Déréglementation, mauvaise évaluation des risques, surconsommation financée par des traites tirées sur un avenir de plus en plus incertain. Le diagnostic semble clair. Mais sur quoi porte-t-il ? Car si ces caractéristiques s’appliquent d’évidence à une « économie casino » devenue folle, elles pourraient tout aussi bien décrire notre relation à l’environnement, écrit l’écologiste britannique Jonathon Porritt, ancien responsable des Amis de la Terre. Là aussi règne la même insouciance, et la consommation ne se soutient qu’au prix de la liquidation de notre capital commun : la terre. Rappelant l’avertissement que vient de lancer le premier conseiller scientifique du gouvernement anglais, qui met en garde contre la « tempête du siècle » environnementale, alimentaire et énergétique qui pourrait nous frapper aux alentours de 2030, Porritt réclame la mise en oeuvre de plans de relances massivement « verts », mettant l’accent sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, les réseaux énergétiques intelligents, les nouvelles solutions de transport, etc... qui permettraient le redémarrage économique tout en préparant le futur. Le message est adressé aux britanniques, mais il vaut pour tous.

Par Jonathon Porritt, The Guardian, 24 mars 2009

Une « tempête du siècle » sous forme de pénurie alimentaire, d’eau et de renchérissement de l’énergie frappera l’économie mondiale avant 2030, a averti la semaine dernière John Beddington, le conseiller scientifique en chef du gouvernement britannique. L’accélération du changement climatique, associé à ce cocktail fatal provoquera des troubles, des conflits transfrontaliers et des migrations de masse - en d’autres termes, un effondrement économique et politique, auprès de quoi la récession économique actuelle semblerait mineure. Si je suis entièrement d’accord avec l’analyse de John Beddington, je crois cependant qu’il se trompe de calendrier. Cette « tempête du siècle » frappera bien plus près de 2020 que de 2030.

Il peut sembler mal venu - voire dénué de pitié, lorsque le chômage frappe deux millions de personnes au Royaume-Uni - d’inviter à se préoccuper d’un éventuel effondrement économique futur. Mais si nous voulons éviter cette récession ultime, pour laquelle il n’y aurait pas de redémarrage habituel dans les conditions normales des cycles d’expansion et de récession, nous devons alors commencer à penser à cette récession présente de manière complètement différente. Tant en termes d’analyse des causes sous-jacentes que des mesures correctives appropriées.

Concernant l’analyse, on semble ignorer le fait que les causes de l’effondrement économique sont exactement les mêmes que celles qui sont à l’oeuvre aujourd’hui derrière la crise écologique - et en particulier l’accélération du changement climatique. Comme le démontre Adair Turner dans le premier rapport publié en tant que président de la Financial Services Authority (FSA), l’obsession néo-libérale de la déréglementation a causé un tort incalculable aux marchés de capitaux. Mais on doit comprendre que la même ferveur dérèglementatrice a également causé des dommages à l’environnement dans le monde entier, depuis 20 ans ou plus.

C’est exactement la même chose lorsque l’on se penche sur les trois éléments qui ont rendu les marchés de capitaux aussi faussement porteurs : mauvaise évaluation du risque, mauvaise allocation du capital, et incitations contre productives. Aux effets catastrophiques sur les marchés correspondent les effets catastrophiques sur l’environnement.

Et puis il y a également la question de la dette. Les gouvernements ont systématiquement permis que s’empilent les dettes des ménages et de l’Etat (avec les folles bulles d’actifs du logement, de la terre et des bien) en souhaitant explicitement alimenter des niveaux élevés de croissance économique. Nous aurons tous à rembourser ces dettes durant les décennies à venir.

Sur le front environnemental, pendant que grossissaient les dettes financières, celles à l’égard de la nature faisaient de même - en termes d’épuisement insoutenable des ressources naturelles, tel que mesuré par la perte de la couche de terre arable, des forêts, de l’eau douce et de la biodiversité. Tout le monde sait qu’entretenir la consommation en liquidant son capital est une folie, mais personne ne semble savoir comment arrêter ce processus.

Il faut ici tirer une conclusion simple : les mêmes abus propre à un « capitalisme de casino », roulant sur la dette, qui ont provoqué l’effondrement de l’économie mondiale sont à l’oeuvre dans l’effondrement à venir des systèmes du vivant dont nous sommes tous tributaires en fin de compte.

Concernant les remèdes à mettre en oeuvre, le lien entre la récession actuelle et la tempête qui nous attend en 2020/30 ne saurait être plus clair : il faut traiter les calamités du jour en investissant dans les infrastructures et les technologies qui aideront demain à éviter d’infiniment pires calamités. En d’autres termes, lancer un énorme « plan de relance vert » proche de ce que nous voyons aux États-Unis, en Corée du Sud et dans d’autres pays européens, en se focalisant sur l’efficacité énergétique, les énergies renouvelables, les réseaux énergétiques intelligents, de nouvelles solutions de transport, etc... (...)

Les politiques nous servent fort mal en dissociant les mesures de redressement économique de ce qui doit être entrepris de toute urgence si l’on veut éviter les affres de l’accélération du changement climatique et le genre de « tempête du siècle » que le conseiller scientifique en chef estime inévitable - à moins que nous ne changions fondamentalement les règles du jeu de la croissance.

Sur le Web :

Biographie et site de Jonathon Porritt


Publication originale The Guardian, traduction par Contre Info