07.12.2009

Le sommet,toutes les négociations ... vu par la presse: aujourd'hui

La Tribune.fr

C'est ce lundi que commence le très important sommet de Copenhague consacré aux risques du changement de climat et à la protection de l'environnement. Il réunit responsables politiques, économistes, climatologues (notamment les fameux experts du Giec qui ont reçu le prix Nobel) et dirigeants d'entreprise, de toute la planète.

Il doit durer jusqu'au vendredi 18 décembre, certains estimant que si, à cette date, un accord n'a pas été trouvé, les discussions pourraient se prolonger le week-end des 19 et 20 décembre. Mais un accord est-il possible ? C'est toute la question posée ces derniers jours avec des objectifs divergents de réduction des gaz à effet de serre affichés tant par les Etats-Unis que par l'Union européenne mais aussi par la Chine et l'Inde. La France et le Brésil ont fait des propositions ambitieuses, en partie rejetées, le Danemark, pays hôte de la réunion, a fait de même, sans succès non plus pour l'instant.

Durant tout le sommet, la Tribune vous fera suivre toutes les négociations avec deux blogs spéciaux, le premier réalisé par toute la rédaction et notamment ses envoyés spéciaux à Copenhague, et le second écrit par les acteurs du dossier eux-mêmes, les responsables d'entreprise présents là-bas.

Après une période préparatoire riche d'événements diplomatiques, le Forum de Copenhague s'ouvre lundi. Trois enjeux majeurs: arrêter un plan d'action concret assurant réellement la limitation des émissions de gaz à effet de serre (timing & volume), faire de la crise actuelle une opportunité de trouver un nouvel équilibre écologique et économique, et enfin, anticiper et d'optimiser la transition de la taxation à la valeur ajoutée vers une taxe carbone,.

L'activité diplomatique intense ces derniers jours montre qu'aucune puissance ne pourrait accepter d'être à l'origine de l'échec des négociations. Barack Obama présent le 9 devrait impulser un élan très opérationnel sur Copenhague, et ce dès la première semaine.

Quelle forme vont prendre les négociations ? Actuellement, deux modes de négociation sont en lice : soit la dynamique se porte initialement sur l'atténuation, soit elle se porte sur l'adaptation.

Une dynamique de négociation portée sur l'atténuation verra la rapide émergence des débats sur les quotas d'émission, y compris le positionnement des émergeants et des pays les moins avancés, de l'objectif à atteindre, soit par rapport aux valeurs de 1990, soit indexée sur des points de PIB comme le propose la position chinoise.

Cette dynamique permettra des positionnements rapides des acteurs de l'efficacité énergétique, des transports collectifs et de la filière agricole. Restera à négocier la pression sur les objectifs à atteindre. Va-t-on négocier le fait de négocier à Copenhague seulement une position de principe avec un objectif global non ventilé par industrie, ou aller plus loin ?

Cette dynamique positionnera également les négociations sur les thématiques industrielles, urbanistiques et alimentaires...Plus les objectifs sont ambitieux, plus ils constitueront une prime à l'innovation pour les entreprises qui ont choisi d'être pionnières sur le sujet.

A l'inverse, une dynamique de négociation portée sur l'adaptation verra la discussion se porter sur les mécanismes de transfert de technologies et de transfert financier. Il s'agit de compenser les effets au Sud (et notamment en Afrique) des émissions générées au Nord, tout en intégrant les industries auparavant exclues des quotas de CO2, comme par exemple le trafic aérien.

Le plan « Justice Climat », présenté par de nombreux pays africains et soutenu par la France, se situe clairement dans cette logique. Cela positionnera les négociations d'une part sur l'équilibre financiers, d'autre part sur les mécanismes de compensation telles que le reboisement, la gestion durable des forêts et écosystèmes fragiles, l'accès aux énergies et à l'alimentation....

Tout le talent des négociateurs va consister à bien assurer un équilibre entre ces deux dynamiques, et à intégrer rapidement des acteurs majeurs plutôt réservés jusqu'à maintenant, comme l'Inde, le Japon, les Corées, l'Iran, le Pakistan.

Les ONGs et les citoyens veulent être des parties prenantes impliqués sur le projet, et mettent une pression très forte sur les dirigeants et les négociateurs. On ne compte plus les flashmobs d'alertes, les pétitions signées (près de 500 000 signataires en France pour l'Ultimatum Climatique...). TF1 a choisi d'ouvrir chaque journal télévisé avec les indicateurs de Copenhague, la presse titre en masse sur Copenhague et, loin de lasser, cet engouement suscite de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux (Facebook, Twitter).

Le champ des possibles est plus ouvert que jamais. Les entreprises ne s'y sont pas trompées, beaucoup ont envoyé un délégué à Copenhague. Débouchera-t-on ou non sur un accord ? Avec ou sans objectifs quantifiés ? Avec telles priorités ?

elle démarre la conférence de Copenhague

La tribune.fr

Aujourd’hui, 56 journaux de 45 pays ont pris l’initiative inédite de parler d’une seule voix à travers un seul et même éditorial. Nous le faisons car l’humanité est confrontée à une urgence extrême.

A moins que nous nous unissions pour mener une action décisive, le changement climatique va ravager notre planète, et avec elle notre prospérité et notre sécurité. Les dangers sont devenus apparents en une génération. Désormais les faits ont commencé à parler d’eux-mêmes: 11 des 14 dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, la calotte glaciaire de l’Arctique est en train de fondre et le prix du pétrole et de la nourriture, qui ont pris l’ascenseur l’année dernière, donnent un avant-goût du désastre à venir. Dans les magazines scientifiques, la question n’est plus de savoir si on doit blâmer l’être humain, mais combien de temps il nous reste pour limiter les dégâts. Et pourtant la réponse mondiale a jusqu’à maintenant été faible et sans conviction.

Le changement climatique a été provoqué depuis des siècles, il aura des conséquences indélébiles et nos chances de le dominer se joueront pendant les 14 prochains jours. Nous appelons les représentants des 192 pays réunis à Copenhague à ne pas hésiter, à ne pas sombrer dans les querelles, à ne pas se rejeter la faute les uns sur les autres mais bien à tirer parti de l’un des plus grands échecs politiques contemporains. Cela ne doit pas être un combat entre le monde riche et le monde pauvre, ni entre l’Est et l’Ouest. Le changement climatique affecte tout le monde et doit être résolu par tout le monde.

 
 
 
 
 

 

06.12.2009

Les marchés émergents sont absents des caisses de pension

Article de Jean-Pascal Baechler , du 05 12 09, journal le Temps.ch

Selon une étude, les économies en développement pèsent 1% dans les placements des institutions de prévoyance. Dans les hedge funds, l’intérêt se détourne des hedge funds

On en parle beaucoup, ils seront les champions de la croissance ces prochaines années. Mais les marchés émergents pèsent à peine 1% des placements des caisses de pension suisses, relève une étude récente de JPMorgan Asset Management sur les investissements des institutionnels européens.

Souvent titillés sur ce point, des responsables de caisses de pension suisses relèvent que de nombreuses sociétés helvétiques sont très actives dans les pays en développement, à l’image de Nestlé ou Holcim, et offrent une bonne exposition à leur croissance. En comparaison européenne, les caisses suisses ne sont guère plus conservatrices dans ce domaine que les autres. Au Royaume-Uni, en Espagne, en Allemagne ou aux Pays-Bas, l’allocation va de 2% à 4%. Seule la Suède se distingue, avec une part de 6%.

Sous cet angle, les hedge funds sont un peu comme les marchés émergents. Selon l’enquête de JPMorgan, leur part en portefeuille se monte à 3% en Suisse, un chiffre confirmé par d’autres études. C’est peu, estime Markus Anliker, responsable de la clientèle institutionnelle suisse chez JPMorgan Asset Management. Celui-ci pense qu’un minimum de 5% est nécessaire pour justifier le travail que ­nécessite cet engagement et pour avoir un effet perceptible sur la performance. C’est peu, aussi, en comparaison avec la Suède (10%) ou le Royaume-Uni (4%). Mais c’est plus qu’en Espagne (2%), en Allemagne (2%) et aux Pays-Bas (1%).

03.12.2009

Les pays du Sud s’organisent entre eux

Article du Temps.ch , économie et finance - 3 décembre 09

S’agit-il d’une provocation ou de mettre les grands pays sous pression? C’est dans l’enceinte même où a eu lieu, de lundi à mercredi à Genève, la 7e Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), que vingt-deux pays émergents ont signé un accord pour ouvrir leur marché des produits industriels. Alors qu’aucun signe tangible d’avancement des négociations du Cycle de Doha n’a été perceptible durant ces trois derniers jours, ils ont fait comprendre hier qu’ils allaient de l’avant dans la libéralisation des échanges, sans les grandes puissances.

Le ministre brésilien des Affaires étrangères, Celso Amorim, a placé cet accord sous l’enseigne de la coopération Sud-Sud. Ce dernier prévoit des baisses de droits de douane d’au moins 20% sur 70% de la totalité des produits qu’ils échangent. Selon une étude, ces réductions devraient apporter 8 milliards de dollars de commerce de plus par an. Par la même occasion, le Brésil et l’Inde ont annoncé qu’ils rendraient leur marché libre de droits de douane aux exportations des pays les moins avancés

Alors que les 22 pays célébraient l’accord Sud-Sud, le Cycle de Doha semblait bien enlisé. Officiellement, le sujet n’était pas à l’agenda de la Conférence ministérielle – Pascal Lamy ne voulant pas mettre un plat qu’à moitié cuisiné sur la table – mais il a fait l’objet de nombreuses déclarations. A l’unanimité, tout le monde a juré qu’il faut conclure les négociations d’ici à 2010, mais sans pour autant donner de signaux positifs. L’Union européenne et le G10 (Suisse, Japon, Corée du Sud, Norvège…) ont affirmé qu’ils n’allaient plus faire de concession dans l’agriculture. Les Etats-Unis, par la voix de Ron Kirk, le représentant au Commerce, ont déclaré qu’ils étaient prêts à avancer, mais qu’ils voulaient plus de concessions pour rendre le paquet plus acceptable par le Congrès. Et pour ne rien arranger, les grands pays émergents veulent faire de l’agriculture l’élément central de tout accord de Doha.

A la conférence, mais aussi dans ses marges, de nombreux diplomates, organisations internationales et non gouvernementales se sont permis de poser des questions sur l’avenir du Cycle de Doha. Pour Meg Jones de l’International Trade Centre, sa conclusion est indispensable pour élever le niveau de vie des plus vulnérables, notamment des femmes paysannes africaines. Roderick Abbot du Centre européen pour la politique économique, a affirmé qu’il faudrait être réaliste et revoir les ambitions de Doha. Benjamin Katjipuka, diplomate namibien, a estimé que les petits pays ne sont que les spectateurs d’un match entre pays industrialisés et grands pays émergents.

 

02.12.2009

Le Sénat fait son tour de table pour Copenhague

FNE -02-12-2009 / Copenhague et nous


Aujourd’hui, France Nature Environnement était auditionnée au Sénat à l’occasion d’une table ronde organisée par les commissions de l'économie et des affaires européennes en prévision de Copenhague. La Fondation Nicolas Hulot et le MEDEF étaient aussi représentés. C’est le Ministre d’Etat, Jean-Louis Borloo, qui a conclu.

Engagements de réduction de l’Europe et d’atténuation de la Chine, rôle des forêts, instauration de mécanismes de réajustement aux frontières, soutien financier des pays les plus vulnérables : tous les principaux sujets sensibles ont été abordés. L’occasion pour FNE de rappeler quelques concepts essentiels.

 

Face à un MEDEF inquiet de voir l’Europe prête à « forcer l’accord » en s’engageant sur un objectif d’atténuation des émissions réhaussé à 30% pour 2020 par rapport aux émissions de 1990, Sébastien Genest, Président de FNE, a ainsi rappelé le maître mot des négociations actuelles : responsabilité. Les pays industrialisés ont en matière d’émissions une responsabilité particulière, historique, qu’il leur appartient d’assumer au nom de l’équité. L’équité commande des actions volontaristes en faveur des pays les plus vulnérables, impactés de plein fouet par un réchauffement climatique auquel ils ne contribuent pas. Elle implique aussi une meilleure différenciation des pays dits « en développement », qu’il s’agisse de mesurer leur besoin d’aide à l’adaptation ou d’organiser la lutte contre la déforestation. Un point crucial de l’accord de Copenhague à venir que Grégory Jean, Chargé de Mission Forêts à l’international, s’est attaché à défendre.

 

Dans la même veine, au droit à l’innovation invoqué par certains sénateurs, Sébastien Genest a opposé la poursuite du progrès : l’innovation scientifique, pour être porteuse, n’est pas signe d’un progrès systématique. « Le progrès, c’est avant tout un choix de société », a-t-il rappelé.

 

Ces précisions de langage ont été au cœur des conclusions du Ministre d’Etat, s’insurgeant contre les « amalgames, surenchères, confusions » actuels. Il a ainsi rappelé la distinction effectuée dans son plan Justice Climat entre les besoins et capacités des « pays industrialisés » (dans et hors Kyoto), des « grands émergents » et des « pays les plus vulnérables » ; sans que ces catégories ne recouvrent elles-mêmes des situations homogènes. Il est revenu sur la question de la « contrainte », pouvant être espérée attachée à l’accord à venir. Et il a achevé ses propos en précisant que ledit Plan ne valait pas « position française », mais simple « contribution » à l’heure des négociations : c’est bien l’Europe qui s’exprimera, unie et d’une seule voix, à Copenhague.

 

Autant donc s’accorder dès à présent sur les termes.
Les Commentaires des lecteurs

01.12.2009

Copenhague : Festival de Cannes ou Yalta du climat ?

Communiqué FNE

Alors que de nombreuses personnalités viendront défiler à Copenhague et que la bataille des chiffres fait rage, France Nature Environnement rappelle que l’enjeu des négociations climatiques est d’abord démocratique. 

 
FNE dénonce le processus actuel de négociation climatique qui exclut complètement les élus, syndicats et associations. La France, pays du Grenelle de l’environnement, doit porter l’exigence d’une nouvelle démocratie écologique à Copenhague.

Pour Sébastien Genest, Président de FNE : «Notre message est clair et nous le martèlerons : tout en réfléchissant au fond des négociations, il faut réfléchir à leur forme et à leur réforme. Les négociations ne peuvent être monopolisées par les administrations nationales et elles se doivent d’impliquer réellement les élus, les syndicats et les associations du monde entier. Nous sommes réduits au rôle de distributeur de bons et mauvais points. L’enjeu est pourtant aussi simple que primordial : permettre une compréhension et une implication des citoyens dans la lutte contre le dérèglement climatique.»

Faire pression ou participer ?

Pour FNE, les ONG ne devraient pas être réduites à faire pression sur les négociateurs. Elles devraient être enfin reconnues et associées aux négociations elles-mêmes. Nous en sommes loin.

Arnaud Gossement, porte parole de FNE ajoute : « notre rôle est-il de faire la claque au défilé des personnalités et politiques qui viendront faire des photos à Copenhague comme à Cannes ? Notre rôle se limite-t-il à siffler ou applaudir des discours ? Il est temps de prendre les associations au sérieux, comme une forme légitime d’organisation démocratique ».

FNE s’inquiète en outre de la volonté des Etats industrialisés de repousser de plusieurs mois la conclusion d’un accord juridiquement contraignant qui succède au protocole de Kyoto. FNE demande au Gouvernement de développer et de porter cette idée qui n’est encore qu’esquissée dans le plan justice climat.

Arnaud Gossement ajoute : « que saurons nous de plus en janvier 2010 que nous ne savions en décembre 2009 ? Nous demandons la création d’une Organisation mondiale de l’environnement qui soit ouverte aux élus et représentants de la société civile. Seule une OME permettra la rédaction et le contrôle du respect d’un accord juridiquement contraignant dont le respect sera contrôlé, non par un obscur comité d’experts inconnus du grand public, mais par des représentants qui rendront compte aux citoyens. »
Stop à la magie des chiffres

Pour FNE, les négociations climatiques ne devraient pas se réduire à une bataille de chiffres qui est d’abord une bataille de communication. Les annonces d’objectifs chiffrés qui se sont succédé ces derniers jours n’apportent aucun espoir. Il faut en effet s’interroger sur ce qui se cache derrière ces chiffres et derrière le terme «réduction» : peut-on assimiler la compensation et l’enfouissement de carbone à une vraie politique de réduction des émissions physiques de tous les gaz à effet de serre ? Pour FNE la réponse est évidemment non.

Gaëlle Cognet, chargée de mission climat de FNE ajoute : « La bataille du climat n’est pas une bataille de chiffres ou de communication. La bataille du climat est celle de la mobilisation citoyenne et pas seulement de quelques chefs d’Etat. Il y a aujourd’hui un risque de décrochage des citoyens qui sont pessimistes ou indifférents à la technocratie climatique de négociations hors sol. Nous irons porter ce message à Copenhague et rendrons compte de la réalité des négociations »

Nos revendications

FNE demande


La création d’une Organisation mondiale de l’environnement qui soit le siège de négociations démocratiques et continues et dont les décisions prévalent notamment sur celles de l’OMC ;
La rédaction d’un accord juridiquement contraignant, fondé sur le principe de responsabilité et dont le contrôle soit assuré de manière démocratique ;
La traduction juridique des conclusions du GIEC et, notamment, un objectif de réduction réelle des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés de 40% en 2020 et de 80% en 2050 ;
Des objectifs de réduction des émissions par secteur d’activité (transports, agriculture…) ;
Une politique de lutte contre la crise écologique dans sa globalité, qui ne soit pas exclusivement centrée sur le carbone, de manière à éviter les effets pervers du carbo-centrisme ;
Des moyens concrets, sous forme de subventions et non de crédits ou de prêts, pour le financement de l’aide à l’adaptation climatique des pays pauvres, à hauteur d’au moins 100 milliards d’euros par an ;
Un fonds et un plan mondial pour le climat qui comporte notamment des investissements massifs dans les économies d’énergie, la protection des puits naturels de carbone, le développement des énergies renouvelables ;
L’abandon des fausses solutions : stockage industriel de carbone, agro carburants, compensation marketing de CO2.
FNE tiendra le journal des négociations de Copenhague sur son site «Bienvenue à Copenhague» dont l’adresse est fne.asso.fr/climat et sur lequel vous pouvez trouver une carte de France recensant les projets climaticides combattues par les associations membres de FNE.

LE PNUE VA ÉVALUER LA POLLUTION AUX HYDROCARBURES DANS LE DELTA DU NIGER

ONU - New York, Nov 30 2009  4:50PM
Une évaluation menée par le Programme des Nations Unies pour l';environnement (PNUE) avec le soutien du gouverneur de l'Etat de Rivers, au Nigéria, va analyser pendant un an l'impact de la production pétrolière en termes de pollution sur les eaux du delta du Niger dans la région d'Ogoni.
L'Etat de Rivers contribue à hauteur de 40% à la production pétrolière et de gaz naturel du Nigéria. La majeure partie de la population du delta du Niger reste employée dans le domaine de la pêche et de l'agriculture. Le Nigéria est aussi victime de la déforestation avec un des taux les plus élevés au monde, soit 3,3 % par an
Les installations de raffinerie de la région continuent de polluer les eaux du fleuve Niger par manque d'entretien et de rénovation depuis presque 20 ans.
L'expertise de la PNUE est très attendue pour quantifier et analyser les mesures à prendre pour que l'industrie pétrolière du Nigéria se conforme aux normes environnementales internationales.
L'annonce de cette évaluation a eu lieu à Port-Harcourt, la capitale de l'Etat de Rivers. Cette expertise, qui va coûter 9,5 millions de dollars, est financée par plusieurs groupes pétroliers, la Nigerian National Petroleum Corporation, Shell, Total et Agip.
Nov 30 2009  4:50PM

30.11.2009

LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE DANS LE PACIFIQUE MENACÉE PAR LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

FAO - New York, Nov 30 2009 11:50AM
Le changement climatique aura vraisemblablement de fortes répercussions sur l'agriculture, la foresterie et les pêcheries dans les îles du Pacifique, ce qui risque d'accroître l'insécurité alimentaire et la malnutrition, met en garde l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture  à quelques jours du Sommet des Nations Unies sur le changement climatique à Copenhague.

La FAO exhorte les gouvernements et les bailleurs de fonds à lancer sans délai des plans énergiques d'adaptation au changement climatique pour l'ensemble des îles du Pacifique.

Le changement climatique est susceptible d'exacerber les menaces dans une région déjà affligée par de fortes contraintes écologiques et économiques, selon la note de synthèse Climate Change and Food Security in the Pacific préparée pour le Sommet de Copenhague.

Les îles du Pacifique devront affronter la montée du niveau des océans et leur réchauffement, l'acidification, la modification des régimes de précipitations, des heures d'ensoleillement et du couvert nuageux, l'altération des régimes de circulation océaniques et atmosphériques et une fréquence accrue des phénomènes météorologiques extrêmes tels que cyclones tropicaux et sécheresses.

Nombre de ces impacts pourraient avoir des répercussions négatives et cumulées sur les rendements de l'agriculture et des pêches, ainsi que sur la sécurité alimentaire.
La dégradation des écosystèmes terrestres et marins, le stress thermique, l'érosion du sol, la salinisation et la raréfaction des nutriments, la propagation des ravageurs et des maladies des végétaux, la fréquence accrue des incendies de forêt, les sécheresses et les inondations constituent un risque particulièrement grave pour la production vivrière.

"Les agriculteurs ne doivent pas être abandonnés lorsqu'il est question de changement climatique", affirme le sous-directeur général de la FAO, Alexander Müller. "Les pays et leurs partenaires de développement doivent veiller à ce que les agriculteurs reçoivent les meilleures informations disponibles sur le choix des variétés culturales, de même que sur les options d'aménagement des ressources en sols et en eau pour s'adapter au changement climatique".

Les îles du Pacifique pratiquant la monoculture devront évaluer de près leur potentiel de sécurité alimentaire, car les systèmes agricoles diversifiés obtiendront de meilleurs résultats dans tous les scénarios de changement climatique.

"Les systèmes intégrés de culture, de foresterie, voire d';élevage, offrent des opportunités d';intensification durable de la production vivrière tout en créant un écosystème plus résilient", selon M. Müller.

Le changement climatique est également une grave menace pour la durabilité du secteur des pêches et risque de compromettre la sécurité alimentaire d'une région fortement tributaire du poisson comme source de protéines et de revenus, ceux-ci étant tirés de la vente de licences de pêche aux flottilles étrangères.

Les pêches de subsistance et de rente, en particulier des espèces de thonidés, sont les piliers de nombreuses économies des îles du Pacifique. Les changements intervenant dans la répartition et l'abondance des thons ont de graves retombées sur la viabilité à long terme des pêches industrielles et des conserveries dans le Pacifique occidental.

La pêche de subsistance et commerciale devra diversifier la production, les infrastructures halieutiques et la répartition des espèces afin de s';adapter aux changements brutaux de l'environnement et du secteur.

"Les impacts du changement climatique, associés à la surexploitation en cours des ressources forestières dans la région, exerceront de fortes pressions sur les forêts restantes", prévient également la FAO.

Les forêts et les arbres sont la source d'importantes cultures de base dans le Pacifique, telles que l'arbre à pain, les mangues, les agrumes et les noix de coco. Les forêts de palétuviers préviennent l'érosion côtière, servent de protection contre les marées de tempête et les tsunamis, et offrent d'importants habitats pour de nombreuses espèces de poissons.
Selon la FAO, il convient d'aider les gouvernements de la région à gérer leurs forêts durablement et à promouvoir des systèmes intégrés d'agroforesterie. Le potentiel des forêts dans la fixation du carbone doit être reconnu.
Nov 30 2009 11:50AM

29.11.2009

CLIMAT : BAN INSISTE UNE NOUVELLE FOIS SUR LA NÉCESSITÉ D'UN ACCORD À COPENHAGUE

 ONU- communiqué-New York, Nov 27 2009  6:50PM
Le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, a insisté une nouvelle fois vendredi, lors d'une réunion de dirigeants du Commonwealth à Port-of-Spain (Trinité-et-Tobago), sur la nécessité d'arriver à un accord sur le changement climatique à Copenhague en décembre.

"Le message que je vous adresse aujourd'hui est simple : restez concentrés, restez engagés, venez à Copenhague et concluez un accord", a dit M. Ban dans un discours. "Un accord qui soit ambitieux, un accord qui soit équitable, un accord qui correspond aux exigences de la science", a-t-il ajouté.

A seulement neuf jours du Sommet de Copenhague, le Secrétaire général et le Premier ministre danois, Lars Lokke Rasmussen, qui est l'hôte du Sommet, essaient d'obtenir que chaque pays se joigne à un accord qui permette une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Quelque 80 dirigeants ont promis de participer au Sommet, et chaque jour d'autres annoncent leur présence.

"La dynamique est forte et continue de croître", a souligné M. Ban lors de cette réunion du Commonwealth, sa dernière participation à une réunion internationale avant Copenhague.

Malgré plusieurs cycles de négociations avant le Sommet de Copenhague, plusieurs questions clés, dont les objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre par les pays industrialisés et le financement destiné à aider les pays en développement, n'ont pas été résolues. Cela a réduit l'espoir d'arriver à un traité juridiquement contraignant remplaçant le Protocole de Kyoto de 1997 et qui arrive à expiration en 2012.

Le Secrétaire général s'est toutefois félicité de l'annonce de plans volontaires pour réduire de manière significative les émissions de gaz à effet de serre annoncés récemment par le Brésil, l'Indonésie, et la République de Corée, ainsi que les promesses "ambitieuses" faites par le Japon, la Norvège et l'Union européenne.
Nov 27 2009  6:50PM
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10.11.2009

FAO: La faim face à la crise

Article du Département du Développement Économique et Social de la FAO

 

Le ralentissement économique mondiale souligne l’urgence d’adresser des défis long termes

Plus d'un milliard de personnes dans le monde souffrent de sous alimentation. Les dernières estimations de la FAO montrent une forte aggravation d’une tendance déjà défavorable des dix dernières années. La montée marquée de l'insécurité alimentaire en 2009 souligne la nécessité de s'attaquer de manière efficace et de toute urgence aux causes profondes de la faim.

La crise économique mondiale, noeud de la question
Le ralentissement de l'activité économique à l'échelle mondiale, survenant après la crise alimentaire en 2006-2008, est à l'origine de la forte augmentation de la faim dans le monde. La crise a amputé les revenus et les possibilités d'emploi des pauvres et considérablement réduit leur accès aux produits alimentaires.

Leurs revenus baissant, les pauvres sont moins en mesure d’acquérir des produits alimentaires surtout parce que les prix restent élevés en perspective historique. Si les cours des denrées alimentaires sur le marché mondial sont en repli par rapport à leur sommet de la mi‐2008, au niveau local les prix ont eu tendance à baisser moins rapidement dans des pays en développement. En juin 2009, les denrées alimentaires de base produites localement continuaient de coûter en moyenne 22 pour cent de plus en valeur réelle que deux ans plus tôt, et cela se vérifiait pour tout un éventail de denrées alimentaires de première nécessité.

L'augmentation de la sous‐alimentation est particulièrement consternante parce qu’elle n'est pas le résultat d'une offre insuffisante de produits alimentaires sur le marché international. Selon des chiffres récents tirés des Perspectives de l'alimentation de la FAO, la production céréalière mondiale en 2009 sera robuste, à peine inférieure au niveau record atteint l'an dernier. A l’évidence, le monde peut produire suffisamment de denrées alimentaires pour éliminer la faim.

Cependant, les stocks de nourriture sont distribués d’une façon extrêmement inégale dans le monde. Alors que les pays riches maintiennent des grandes réserves, beaucoup de pays en développement n’ont pas assez d’aliments pour offrir à leurs citoyens une consommation nécessaire pour une vie en bonne santé.

Un autre aspect concerne l’utilisation des aliments. En effet, seulement la moitié de la production mondiale de céréale est actuellement utilisé directement pour la consommation humaine. La production agricole est de plus en plus transformée en fourrage pour satisfaire une consommation croissante de viande ou bien elle sert des emplois non alimentaires, comme la production des biocarburants pour aider à calmer des besoins énergiques croissants.

Les impacts de la faim
La sous-alimentation affecte plusieurs segments de la population. En particulier, les ruraux sans terre et les citadins pauvres souffrent de la crise du fait qu'ils ne peuvent pas compter sur l'agriculture de subsistance. Un autre groupe vulnérable comprend les ménages dirigés par une femme car, en raison de ses activités familiales, elle est souvent empêchée de s’engager dans un travail rémunéré et par conséquent n’a pas les moyens d’accéder la nourriture adéquate pour  nourrir son foyer.

Cependant, la faim n’est pas seulement une inquiétude humanitaire. Elle déprime également le potentiel de développement d’un pays. Face à l’insécurité alimentaire, les ménages s'efforcent de maintenir leurs revenus en émigrant, en vendant des actifs comme du bétail, en empruntant de l'argent, ou en participant à de nouveaux types d'activités économiques, y compris le travail des enfants. En plus, les ménages modifient leurs dépenses au profit d’aliments meilleur marché, riches en calories et en énergie, comme les céréales, au détriment de produits plus chers et plus riches en protéines et en éléments nutritifs comme la viande, les produits laitiers ou les fruits et légumes. Cette situation est particulièrement nuisible pour les enfants et les femmes qui allaitent.

Ainsi, la crise débouche sur des compromis indésirables mais souvent inévitables: retirer les enfants de l'école détruit le capital humain à long terme; la vente des actifs réduit les ressources physiques et financières disponibles, qui sont difficiles à reconstituer; et renoncer à des aliments plus nutritifs pour d'autres qui le sont moins ou simplement manger moins cause la malnutrition, affecte la productivité du travail et réduit le potentiel cognitif de l’enfant.

Quelles mesures prendre
L’augmentation drastique de la faim—mais encore plus le fait que le nombre de personnes sous-alimentées est demeuré au-delà des 800 millions pendant les derniers 40 ans—met en évidence la fragilité du système alimentaire. Pour combattre la faim une approche sur deux fronts reste indispensable, qui doit comporter non seulement des mesures pour une assistance immédiate mais aussi des changements structurels.

À court terme, les filets de sécurité et les programmes de protection sociale doivent être renforcés pour que les plus nécessiteux puissent en bénéficier. Simultanément, les petits exploitants agricoles doivent avoir accès aux moyens de production et aux technologies indispensables pour pouvoir accroître leur production. Ces technologies comprennent des semences de qualité, des engrais, ainsi que des machines agricoles adaptées. Une augmentation de la production locale est indispensable pour faire baisser les prix des denrées alimentaires pour les consommateurs pauvres, tant ruraux qu’urbains.

À moyen et à long terme, la solution structurelle aux problèmes de la faim réside dans l'augmentation de la production dans les pays à déficit vivrier. Il est essentiel de mettre en place des politiques stables et efficaces, des mécanismes réglementaires et institutionnels et des infrastructures commerciales fonctionnelles, propres à promouvoir les investissements dans le secteur agricole.

Besoin de changements plus fondamentaux
Cependant, si on laisse les choses suivre leur cours normal, il ne sera pas possible de réduire la sous‐alimentation dans la mesure nécessaire. Pour échapper à la faim de façon efficace et durable, les populations ont besoin d'une meilleure gouvernance au niveau national et international.

Les pays à déficit vivrier doivent créer des institutions basées sur le principe du droit à une alimentation adéquate. Celles-ci devront évoluer vers une plus grande transparence et responsabilité, favorisant l'habilitation des pauvres et la participation aux prises de décisions qui les intéressent. Les Directives volontaires à l’appui de la concrétisation progressive du droit à une alimentation adéquate dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale permettront de faire un grand pas dans cette direction.

Au niveau international, une meilleure gouvernance comprend une reforme du Comité pour la sécurité alimentaire mondiale, qui doit devenir le pilier de la coopération internationale en ce qui concerne la sécurité alimentaire. Le comité devrait opérer comme l’entité politique dirigeante, en assurant la participation de tout les groupes d’intérêts et fonder ses décisions sur l’évidence scientifique.

Maintenir l’agriculture au centre des préoccupations
La crise alimentaire mondiale a projeté à nouveau la sécurité alimentaire et l'agriculture au premier rang des priorités politiques. Mais avec la baisse progressive des prix des denrées alimentaires sur le marché mondial, et la crise économique et financière qui n'épargne aucun pays, le risque est que l'on se désintéresse progressivement du sort des pays les plus pauvres qui arrivent à grand‐peine à nourrir leur population. La communauté internationale, bien qu'elle soit aux prises avec la récession mondiale, ne peut oublier ses engagements envers les personnes, au nombre d’un milliard, qui souffrent de la faim.

Les crises économiques se traduisent généralement par une diminution des investissements publics dans l’agriculture, avec des effets dévastateurs en ce qui concerne la lutte contre la pauvreté et la faim. L'expérience nous enseigne que c'est précisément dans ces moments qu'il ne faut pas réduire le soutien à l’agriculture et qu’il faut au contraire l’accroître. Seul des secteurs agricole et agro-industriel sains, combiné à une économie croissante et à des filets de sécurité efficaces, permettra d'éliminer l’insécurité alimentaire de manière durable

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